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La Turquie bloque le site de Sputnik (25)
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La presse d'opposition turque étouffée, on s'en prend maintenant aux étrangers: mardi, le reporter allemand Volker Schwenck a été refoulé de Turquie, ensuite, c'est le rédacteur en chef de Sputnik-Turquie qui s'est vu refuser l'entrée dans le pays.

Seul un miracle peut faire changer à Ankara son attitude vis-à-vis de la presse, considère Veronika Hartmann, traductrice et journaliste indépendante à Istanbul travaillant pour de nombreuses éditions, dont Der Spiegel, Due Welt et Focus.

"Il est effrayant que les médias étrangers soient victimes de telles restrictions de la liberté de la presse en Turquie. (…) D'autant plus, que des cas similaires se sont multipliés: hier, comme vous le savez, le reporter allemand d'ARD a été interdit d'entrée, plus tôt un correspondant de l'hebdomadaire Spiegel s'était vu refuser d'accréditation et donc de séjour dans le pays", relate Mme Hartmann.

Celle-ci avoue qu'une certaine nervosité au sein des milieux journalistes était observée bien avant, lors de la délivrance des accréditions. "Mais les problèmes d'envergure aussi importante n'existaient pas. L'interdiction d'entrée est un phénomène relativement récent qui préoccupe fortement les journalistes", indique-t-elle.

Mme Hartmann précise avoir entendu dire que des journalistes étrangers se faisaient arrêter, mais ne voulaient pas que ces informations soient divulguées.

"Cette ambiance de peur qui se diffuse qui gagne en envergure est assez neuve pour nous", confie la journaliste.

Selon elle, l'appel des journalistes se résume comme suit: "Nous voulons la liberté de la presse, nous ne voulons pas encourir le risque d'être expulsés du pays, car nous n'avons rien contre la Turquie, nous aimons ce pays. Nous ne voulons que faire notre travail".

La journaliste doute que "quelque chose puisse faire changer à la Turquie son attitude envers les médias. A moins d'un miracle".

"Cette méthode qu'est le blocage des sites Internet est déjà connue. (…) Mais il y en a une autre, un grand empire médiatique a été créé en Turquie et il a mis sous le contrôle étatique différents médias", poursuit Veronika Hartmann.

S'exprimant sur l'attitude des simples citoyens turcs, elle a fait noter que l'humeur générale était dépressive. "Mais pour être franche, pour la plupart des gens, il n'y a pas de différence au fait que la liberté de presse existe ou non", conclut-elle.

Le site de l'agence Sputnik est bloqué en Turquie depuis jeudi dernier: en cliquant sur la page, on voit s'afficher un message faisant état de l'application de mesures administratives. Un tribunal d'Ankara a jugé valide la décision prise par la Direction turque des télécommunications concernant le blocage d'une série de sites dans le pays, y compris Sputnik-Turquie.

Dans la nuit de mardi à mercredi, on a en outre appris que le rédacteur en chef de Sputnik-Turquie, Tural Kerimov, a été refoulé du pays. Le vice-premier ministre turc, Numan Kurtulmus, a ensuite expliqué aux médias que la décision d'interdire d'entrée dans le pays M. Kerimov reposait sur la décision des services de sécurité turques et que la Direction des télécommunications n'y était pour rien.

Dossier:
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Tags:
journalisme, liberté de la presse, médias, Sputnik, Tural Kerimov, Istanbul, Turquie
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