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En quelques jours, les autorités turques ont réussi à expulser des journalistes américain et allemand, bloquer le site de Sputnik-Turquie et mettre une journaliste néerlandaise en résidence surveillée. A ce rythme, Erdogan a toutes les chances de priver bientôt le pays de presse étrangère.

La Turquie figure cette année au 151e rang du classement de la liberté de la presse établi par l'ONG Reporters sans frontières, sur un total de 180 pays passés en revue. Le pays risque de reculer encore au classement, car le nombre de pays touchés par la censure turque augmente du jour en jour.

Etats-Unis

Lundi dernier, Ankara a refoulé David Lepeska, journaliste américain installé et exerçant en Turquie.

Ce reporter indépendant, qui a notamment travaillé pour le Guardian britannique, la chaîne Al Djazira et la revue américaine Foreign Affairs, s'est vu signifier une "interdiction de séjour" à son arrivée à l'aéroport Atatürk d'Istanbul. Après quoi le journaliste a été forcé de rentrer aux Etats-Unis.

Allemagne

Sur fond de plainte d'Erdogan contre un présentateur de télévision allemand, la Turquie a interdit d'entrée ou même de transit sur son sol plusieurs journalistes allemands. Dernière victime en date, Giorgios Moutafis, photo-reporter pour le tabloïd Bild, qui s'est vu refuser l'autorisation d'entrer en Turquie.

La semaine dernière, la Turquie a appréhendé puis expulsé un collaborateur de la chaîne de télévision allemande ARD, qui se rendait, via Istanbul, à la frontière syrienne pour préparer un reportage sur les réfugiés retenus sur place.

Pays-Bas

La journaliste néerlandaise Ebru Umar a été interpellée par la police dans la nuit de samedi à dimanche à son domicile de Kusadasi, dans l'ouest de la Turquie, pour des tweets visant le président turc Recep Tayyip Erdogan. Ebru Umar avait récemment rédigé une chronique très critique envers le président turc dans le quotidien néerlandais Metro, dont elle avait ensuite twitté des extraits.

Russie

Le gouvernement turc a récemment interdit d'entrée en Turquie Tural Kerimov, rédacteur en chef de Sputnik, sans fournir aucune explication. Son accréditation et son permis de résidence ont été annulés. Le site de l'agence Sputnik est bloqué en Turquie depuis le 14 avril: en cliquant sur la page, on voit s'afficher un message faisant état de l'application de mesures administratives.

Le blocage du site de l'agence Sputnik n'est pas l'unique cas de restriction de la liberté de la presse en Turquie. Le 4 mars dernier, les autorités turques ont procédé à des perquisitions dans les locaux de Feza Media Group et du journal Zaman et ont placé ce dernier sous administration de la justice suite à la publication d'opinions qui différaient de la position officielle.

Donc, les Etats-Unis, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Russie…. A qui le tour? Laissons ce choix à Erdogan. Il ne nous reste plus qu'à attendre.

Les médias étrangers désormais cible privilégiée d’Erdogan ?
© Sputnik .
Les médias étrangers désormais cible privilégiée d’Erdogan ?

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Tags:
presse, liberté de la presse, Ebru Umar, Tural Kerimov, Recep Tayyip Erdogan, Pays-Bas, Turquie, Allemagne, États-Unis, Russie
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