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Il n'est pas à exclure que les extrémistes de Daech fabriquent par leurs propres moyens du gaz moutarde, arme chimique dont l'usage est interdit par le droit international, a déclaré dans un entretien à Sputnik Ahmet Uzumcru, directeur général de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

Il existe des indices sérieux laissant présumer que l'organisation terroriste Daech aurait utilisé des armes chimiques en Syrie et en Irak, a déclaré Ahmet Uzumcru qui vient d'effectuer une visite officielle à Moscou.

"Il existent des suppositions selon lesquelles Daech produit du gaz moutarde par ses propres moyens. La fabrication de cette substance, en petites doses, est possible du point de vue technique. Jusqu'à cette date Daech n'a fait aucune déclaration relative à la production ou à l'emploi d'armes chimiques toutefois, aussi bien en Syrie qu'en Irak, ils existent des indices sérieux", a explicité le responsable.

Et d'ajouter que des experts de l'organisation avaient détecté des indices d'utilisation de gaz moutarde. "Or, nous ne disposons pas de preuves pouvant démontrer par qui il a été employé. Néanmoins, selon les témoins et les victimes des attaques chimiques, c'est l'Etat islamique qui a eu recours au gaz moutarde", a rajouté M.Uzumcru.

Ce dernier a rappelé que trois sites de production d'armes de destruction massive étaient restés en Syrie, précisant que leur démantèlement était rendu impossible par leur situation sur des territoires non contrôlés par Damas. Toutefois, il est pratiquement irréalisable d'y fabriquer des armes chimiques.

"Il ne faut pas oublier qu'aucun équipement n'est disponible sur ces sites ou qu'ils sont dans un tel état que même s'ils ne sont pas détruits, ils ne sont plus utilisables pour la fabrication d'armes chimiques", a relaté M.Uzumcru.

Revenant sur la liquidation des arsenaux chimiques syriens, le responsable a confirmé que tous les stocks déclarés avaient été expédiés hors du pays, puis détruits: "Les derniers travaux de liquidation ont été achevés fin 2015".

Interrogé sur les raisons de son déplacement à Moscou, le directeur général de l'OIAC a expliqué qu'il s'agissait d'une visite régulière et que tous les deux ans les membres du Conseil exécutif de l'organisation visitaient le site de destruction des armes chimiques en Russie.

"A présent, la Russie a détruit 93% de ses arsenaux chimiques. Plusieurs sites de destruction ont accompli avec succès leur mission et ont été fermés", a fait savoir M.Uzumcru, avant de saluer les efforts de la Russie déployés dans ce sens.

"La Russie mène le travail de liquidation des arsenaux rapidement et sans causer de dommages ni aux habitants locaux, ni à l'environnement, ce qui mérite l'évaluation la plus haute", a déclaré le responsable.

Pour conclure, M. Uzumcru a rappelé qu'à ce jour 192 pays étaient signataires de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques et a espéré que les quatre pays restants, à savoir Israël, l'Egypte, le Soudan du Sud et la Corée du Nord allaient la rejoindre dans les plus brefs délais.

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Tags:
gaz moutarde, matières toxiques, terrorisme, armes chimiques, OIAC, Etat islamique, Ahmet Üzümcü, Syrie, Irak, Russie
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