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    Un combattant de Daech soigné à l’hôpital Ersin Aslan

    Ankara "ferme les yeux" sur les crimes sanglants de Daech

    © Sputnik . HİKMET DURGUN
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    L'Etat islamique (2014) (1131)
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    Les djihadistes de l'Etat islamique (EI ou Daech) opèrent librement en Turquie, traversent sans problème la frontière turco-syrienne dans les deux sens et les autorités turques les laissent faire, ce qui indigne Eren Erdem, député de l'opposition.

    Le député du Parti républicain du peuple (CHP), principale formation d'opposition en Turquie, Eren Erdem, a révélé à Sputnik les détails du contenu des documents illustrant la complaisance d'Ankara pour les djihadistes de Daech, qu'il avait récemment présentés lors d'une conférence de presse au parlement turc. 

    "Ces documents prouvent que les services secrets ont mis sur écoute les contacts téléphoniques d'un certain d'Ilhami Bali qui, en 2014, figurait sur la liste des +criminels particulièrement dangereux+, recherchés par la Direction de la sécurité de la Turquie", a déclaré l'interlocuteur de l'agence. 

    Et d'ajouter que sa tête avait été mise à prix pour près d'un million et demi de dollars. 

    "Bali organisait à l'époque l'activité des cellules de Daech en Turquie (…) Les enregistrements de ses contacts téléphoniques contiennent des informations sur la circulation illicite de quelque 1.500 personnes à travers la frontière turco-syrienne par groupes de 5 à 10 hommes. Néanmoins, les services secrets ne font toujours rien pour couper court à ce trafic illicite", s'est indigné le député. 

    Lors de cette conférence de presse, M.Erdem a montré aux journalistes un rapport "top secret" de 422 pages.

    "La Direction de la sécurité était au courant de tous les faits et gestes de Bali. Dans leurs dialogues téléphoniques, les terroristes citaient le nombre exact de djihadistes qui traversaient la frontière, mais les services spéciaux turcs préféraient l'ignorer, en affirmant n'en rien savoir", a souligné l'opposant.  

    Selon ce dernier, les terroristes se rendent librement à Raqqa, en Syrie, où ils s'entraînent et s'approvisionnent en armes pour revenir par la suite en Turquie où ils se livrent à des massacres de civils, le contrôle à la frontière étant nul.  

    "Ces documents renferment par ailleurs des informations sur le traitement des terroristes sur le territoire turc (…), ainsi que sur le prix des soins médicaux (…) Dans les enregistrements des contacts téléphoniques entre terroristes, un certain Ebu Hanzala est également mentionné. Cet individu figure parmi les chefs de file turcs de Daech", a poursuivi M.Erdem. 

    Le député rappelle qu'il s'agit d'un leader terroriste qui s'est livré au recrutement de combattants à Urfa et a organisé des camps d'entraînement pour djihadistes. 

    "Et cet individu a récemment été libéré de prison. Comment qualifier tout cela? N'est-ce pas une preuve éclatante de la collaboration du gouvernement avec Daech? Pas un seul membre de l'organisation terroriste n'a été arrêté, alors que toute personne qui distribue des brochures dans la rue ou signe la pétition d'un académicien peut être accusée de terrorisme", s'est indigné l'interlocuteur de Sputnik. 

    Et de conclure: "Soutenir Daech et fermer les yeux sur les crimes sanglants des terroristes, c'est trahir l'humanité!"

    Dossier:
    L'Etat islamique (2014) (1131)

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    Tags:
    terrorisme, crimes, djihadisme, Parti républicain du peuple turc (CHP), Etat islamique, Ebu Hanzala, Ilhami Balı, Eren Erdem, Ankara, Turquie, Syrie
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