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Ancien chouchou de l’Europe, la Pologne devient un paria aux yeux de Bruxelles, qui envisage même des sanctions. Mais que s’est-il passé?

La rhétorique des médias européens concernant les dirigeants polonais a brutalement changé ces derniers temps. Montrée il y a peu en exemple de la Nouvelle Europe, la Pologne se transforme en Etat dont l'évolution est jugée préoccupante. Plusieurs indices montrent que la "lune de miel" entre Varsovie et Bruxelles touche à sa fin, écrit l'observateur britannique Neil Clark.

"La Pologne était un pays qui, aux yeux des élites européennes ne pouvait pas se tromper dans ses actions. Ses réformes économiques visant à créer un "marché libre" étaient saluées. Son hostilité vis-à-vis de la Russie et la Biélorussie était applaudie. La Pologne était une success story que tout le monde était tenu d’imiter", écrit l'observateur.

Toutefois, poursuit l'auteur, la Commission européenne a officiellement fait savoir la semaine dernière qu'il existait "une menace systématique contre la suprématie de la loi en Pologne", ce qui permet d'introduire des sanctions contre ce pays.

Selon Neil Clark, le refroidissement des relations peut être également observé dans d'autres domaines. Les médias occidentaux, qui portaient auparavant la Pologne aux nues, déclarent à présent que l'Europe doit être "terriblement préoccupée" par le cap pris par ce pays.

"Soi-disant, nous devons être préoccupés par le fait que le Parti populiste, nationaliste et conservateur Droit et Justice, qui a remporté les législatives l'année passée, essaie d'obtenir le contrôle du Tribunal constitutionnel", souligne l'observateur.

La position de Bruxelles vis-à-vis des pays de l'Europe de l'Est est pour le moins inconséquente, estime l'auteur. Notamment, l'UE n' a pas recouru à des sanctions à l'encontre de la Tchéquie qui, en 2006, avait interdit une organisation de jeunesses communistes. Les pays européens se sont abstenus de réagir lorsque la police hongroise avait dispersé la même année des manifestations antigouvernementales.

"L'Union européenne a affiché une «préoccupation zéro» au sujet de la suprématie de la loi en soutenant le coup d'Etat en Ukraine", conclut l'auteur.

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Tags:
relations, Union européenne (UE), Neil Clark, Pologne
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