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L'attentat qui a frappé, mardi, la ville d'Istanbul a de nouveau ramené à la surface le débat sur l'impact destructif de la politique étrangère d'Ankara sur la stabilité du pays.

Mardi matin, un attentat a frappé Istanbul, et c'est à nouveau le centre historique de la ville qui a été visé. L'explosion s'est produite dans le quartier de Vezneciler, près d'un arrêt de bus, au moment du passage d'un car de police. Le bilan de cette attaque s'élève à 11 victimes et 36 blessés. Le président du pays, Recep Tayyip Erdogan a imputé la responsabilité de cette attaque terroriste au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit en Turquie). Il se trouve que cette attaque a réanimé le débat sur l'effet dévastateur de la politique étrangère d'Ankara, tout d'abord en Syrie, sur la stabilité à l'intérieur de la Turquie.

Sur fond de ses politiques étrangère et intérieure contradictoires, la Turquie s'est transformée en un pays imprévisible, a déclaré dans un entretien à l'agence Sputnik Ahmet Kadir Han, politologue et expert dans le domaine de la sécurité.

"Les autorités turques font régulièrement des déclarations bruyantes, dont le ton ne s'arrange pas en une seule ligne politique harmonieuse. Ceci crée une certaine confusion et rend inintelligible la position de la Turquie sur les questions clés. Dans ce contexte, l'image que la Turquie s'est créée sur la scène internationale est celle d'un pays imprévisible, d'un partenaire non fiable et d'une source permanente d'instabilités. En même temps, cette atmosphère tendue et le manque de confiance poussent les autorités turques à entreprendre des démarches encore plus brusques", considère-t-il.

Et d'ajouter que les autorités turques étaient de moins en moins aptes à employer le bon sens en menant leur politique extérieure populiste. Dans le contexte des changements cruciaux que vit le pays — création d'une nouvelle constitution et transition vers le système présidentiel — cette situation constitue une entrave à l'adoption de décisions à long terme, ce qui représente une menace sérieuse à la stabilité du pays.

"Quant à l'impact négatif du facteur kurde pour la sécurité à l'intérieur du pays, les attentats en chaîne ayant récemment frappé le sud-est du pays et l'explosion d'hier à Istanbul traduisent cet impact. Malheureusement, c'est la réalité d'aujourd'hui. Le PKK ne possède pas assez de force pour mener une guerre ouverte contre la Turquie. Pour cette raison ils poursuivent la lutte partisane et organisent des attentats", conclut l'expert.

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Tags:
politique intérieure, instabilité, attentat, Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Ankara, Turquie
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