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    Des ressortissants turcs protestent contre la résolution du Bundestag sur le génocide arménien

    L'Allemagne reconnaît le génocide arménien, la Turquie prête à riposter

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    La reconnaissance et la négation du génocide arménien (72)
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    Les parlementaires allemands ont adopté début juin une résolution reconnaissant et condamnant le génocide arménien au niveau législatif, provoquant l'ire d'Ankara.

    Les autorités turques examinent les mesures pour riposter à l'Allemagne, pays dont le parlement a reconnu le 2 juin le génocide arménien. Ankara a déjà déclaré que les contre-mesures prendraient en compte les "réalités économiques".

    Pourtant, les relations économiques liant ces deux pays sont fondées sur les intérêts mutuels, rappelle Murat Bilhan, ancien chef du Département de la planification stratégique du ministère turc des Affaires étrangères et vice-président du Centre de recherches stratégiques turco-asiatique (TASAM).

    "Le volume des investissements turcs dans l'économie allemande s'élève à quelque 70 milliards d'euros. Quant à l'emplacement de la Turquie, il est stratégique aux yeux de l'Allemagne, car le territoire turc joue un rôle de territoire de transit vers les pays d'Asie centrale, du Proche-Orient, etc. Nous pouvons dire qu'en quelque sorte la Turquie est irremplaçable pour l'Allemagne, et ce facteur ne peut pas être omis", indique-t-il.

    En raison des échecs de sa politique étrangère, la Turquie a perdu beaucoup ces derniers temps et continue à essuyer des pertes.

    "La Turquie s'est transformée en un pays qui a plus d'ennemis que d'amis. Et l'Allemagne, pays qui revêt pour nous une importance stratégique, est en train de rejoindre la liste des ennemis. L'Allemagne est la locomotive de l'Europe et ses relations avec la Turquie ont un caractère multi-niveaux. Pour cela, ni l'Allemagne, ni la Turquie ne pourront adopter une politique étrangère qui ignore complètement l'existence de l'autre", explicite-t-il.

    Or, selon Murat Bilhan, l'Allemagne a porté un coup très dur à la Turquie et son parlement a adopté "une résolution injuste".

    "L'Allemagne n'a pas le droit de critiquer la Turquie ou de l'accuser de génocide, ayant elle-même perpétré un génocide au cours de la Seconde Guerre mondiale. Qui plus est, elle est impliquée dans la tragédie des Arméniens au cours de la Première Guerre mondiale. D'ailleurs, le texte de la résolution le mentionne: les Allemands se reconnaissent comme complices des crimes perpétrés par l'empire Ottoman. Mais ceci n'atténuera pas notre riposte. Car les Allemands projettent d'inscrire la rhétorique haineuse à l'encontre de la Turquie sur les pages des manuels scolaires. Si c'est le cas, ceci marquera la fin de notre amitié. Pour cela, les contre-mesures turques seront rigoureuses. Faute de quoi la haine sera enseignée dans les écoles allemandes", conclut M.Bilhan.

    Dossier:
    La reconnaissance et la négation du génocide arménien (72)

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    Tags:
    parlement, génocide arménien, Première Guerre mondiale, Seconde Guerre mondiale, Bundestag, Empire ottoman, Asie centrale, Proche-Orient, Turquie, Allemagne
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