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    La diplomatie US voulant bombarder Damas peut-elle presser Obama de le faire?

    © AFP 2018 Amer Almohibany
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    Trêve en Syrie (2016) (220)
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    Des diplomates américains appellent les Etats-Unis à bombarder Damas! Certes, ce sont des "dissidents", mais ils sont néanmoins 50 à dire que les frappes aériennes russes contre des rebelles soutenus par les USA mériteraient une riposte de l'aviation américaine contre l'armée du pouvoir légal syrien. Quelles sont leurs chances d'être entendus?

    51 fonctionnaires du département d'Etat US impliqués dans l'élaboration de la stratégie en Syrie ont signé une note interne appelant à "une utilisation judicieuse des armes aériennes" contre le gouvernement syrien afin de mettre fin aux violations de la trêve mise en place fin février.

    Mais cette fois-ci, on n'a pas eu besoin de Julien Assange pour apprendre l'existence du télégramme dissident rédigé par un groupe d'employés de la diplomatie américaine, car la note a été dévoilée par le Wall Street Journal (WSJ).

    Derrière cette démarche prétendument dissidente, y a-t-il une tentative de faire pression sur Barack Obama pour qu'il prépare un putsch en Syrie?
    Olivier Hanne, chercheur à l'Université d'Aix Marseille et au groupe SYNOPSIS sur la géopolitique, commente cette situation dans un entretien accordé à Sputnik.

    Selon lui, les Américains ont toujours eu un système de double diplomatie avec des Think Tank très influents. Ce n'est pas étonnant, puisque cela est courant chez eux. Ce qui est plus original dans le cas présent, c'est que la critique est devenue ouverte et publique.

    "En même temps, on est à la fin du mandat d'Obama. Ces gens prévoient la suite. A mon avis, c'est juste un moyen de pression sur le futur successeur, ou un moyen de peser sur la nouvelle doctrine internationale des Américains. De toute évidence, on a de nouveaux faucons qui veulent en découdre avec le président Assad ", a-t-il fait remarquer.

    Tout détenteur qu'il est du Prix Nobel de la Paix, Barak Obama ne s'est jamais privé de mener des actions militaires… sauf en Syrie. On se rappelle qu'à l'été 2013 Barack Obama avait renoncé à la dernière minute à bombarder des infrastructures du régime de Damas, en dépit du fait que l'armée syrienne aurait eu recours à des armes chimiques en août de la même année (allégation démentie un an plus tard par une étude balistique du Massachussetts institut of technology).

    D'après une déclaration d'un responsable américain de la Défense, "des avions russes ont mené une +série de frappes+ dans le sud de la Syrie contre des rebelles qui avaient reçu pour certains un soutien américain". Les Américains souhaitent "demander des explications à la Russie sur les raisons de ces bombardements" et exigent "des assurances que cela ne se reproduira pas".

    "Evidemment, les Américains sont au courant de ce que font les avions russes. Il faut montrer que l'aviation russe et les forces russes sont dangereuses, qu'ils sont une menace pour la paix, pour +l'après-Daech+", a souligné M.Hanne.

    Le secrétaire d'Etat américain John Kerry
    © AP Photo / BRENDAN SMIALOWSKI/POOL
    D'après lui, il y a deux discours chez les politiciens américains: l'un, pratique et opérationnel, où les Américains coopèrent avec les Russes, et l'autre, international, où il faut montrer que le danger est un peu Daech, mais surtout l'"après-Daech", c'est-à-dire Bachar el-Assad et la Russie.

    Précédemment, dans une déclaration destinée à la Russie, le secrétaire d'Etat John Kerry a souligné que la patience américaine envers la politique menée par le président syrien arrivait à ses limites et que le point de rupture n'était plus très loin. Plus tard, le département d'Etat américain a expliqué que le diplomate ne menaçait pas Moscou mais "exprimait sa préoccupation" à l'égard de la situation actuelle. Or, c'est le peuple syrien qui doit déterminer l'avenir de Bachar-el Assad dans la politique syrienne, ne cesse pourtant de répéter Moscou.

    Dossier:
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    Massachusetts Institute of Technology (MIT), Département d'Etat des Etats-Unis, Etat islamique, John Kerry, Bachar el-Assad, Barack Obama, Syrie, États-Unis, Russie
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