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    Une nuit avec des tireurs d'élite syriens

    Une nuit à Alep avec des tireurs d'élite syriens

    © Sputnik . Michael Alaeddin
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    Situation en Syrie (été 2016) (19)
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    Сorrespondant de Rossiya Segodnya, a passé plusieurs jours avec des soldats de l'armée syrienne en première ligne, près de l'école d'artillerie, pour assister au début de l'offensive des forces gouvernementales. Récit.

    L'armée syrienne, les combattants du Hezbollah libanais et les unités de la milice populaire poursuivent leur contre-offensive face aux terroristes dans le sud-ouest d'Alep en Syrie. Les civils, eux, fuient en nombre vers les quartiers plus tranquilles de la ville.

    Sortie nocturne

    Des combats acharnés se poursuivent à Alep
    © Sputnik . Michael Alaeddin
    La bataille des tireurs d'élite commence sur la ligne du front avec la tombée de la nuit. Les hommes, équipés d'une visée nocturne, reçoivent l'ordre de tirer et avancent vers leurs positions où ils passeront une longue nuit sans fermer l'œil.

    Le convoi se forme rapidement: cinq voitures tout-terrain avec un groupe d'hommes des forces spéciales syriennes prêts à remplir leur mission. Le colonel en charge de l'opération m'autorise à suivre un binôme de tireurs d'élite.

    Les véhicules quittent les lieux sans allumer leurs phares. Les positions des combattants sont littéralement à quelques centaines de mètres. Ils n'allument leurs feux de position qu'en entrant dans les quartiers centraux de la ville, qu'il faut traverser pour se rendre à destination.

    Dans le centre d'Alep, la vie continue

    Impossible de circuler à grande vitesse: il est dix heures du soir et il y a des embouteillages. Personne ne laisse passer l'autre, le tout dans une véritable cacophonie de klaxons.

    Le rythme de la vie civile est vraiment surprenant. Des deux côtés de la rue on voit des magasins et des restaurants tournant à plein régime. De jeunes gens sur leur trente-et-un avec des coupes de cheveux à la mode fument le narguilé et jouent au backgammon. Des parents achètent à leurs enfants des glaces et de la nourriture.

    Dans le centre d'Alep, la vie continue
    © Sputnik . Michael Alaeddin
    Dans le centre d'Alep, la vie continue

    "Peux-tu croire qu'on part à la guerre? Il y a seulement dix minutes de route et tu vas voir le contraste. Ici la guerre est vraiment particulière", me lance le chef du groupe de combat, colonel répondant à l'indicatif Fahd, en regardant les lumières des bars.

    Après avoir traversé cet "îlot de paix", la voiture tourne derrière un poste de contrôle dans le quartier parallèle et nous replongeons dans l'obscurité totale. Les conducteurs semblent si bien connaître chaque irrégularité de la route qu'ils pourraient rouler les yeux fermés.

    Des soldats exténués, mais bien coiffés

    Seulement dix minutes plus tard, la voiture se retrouve dans un monde complètement différent. Aucune lumière, pas un bruit, pas d'enfants. Des radios portatives grésillent, un avion bourdonne dans le ciel, et la première mine explose deux maisons plus loin.

    "Voilà les salutations. Nous sommes sur place. Les amis, chacun connaît son poste. Vous pouvez vous placer n'importe où mais quoi qu'il arrive — pas un bruit, pas de lumière. Si tout se passe bien, on récupérera tout le monde à l'aube", articule clairement le colonel.

    Des combats à Alep
    © Sputnik . Michael Alaeddin
    Des combats à Alep

    Les soldats occupent deux bâtiments voisins où se sont réfugiés des militaires et des miliciens exténués — toujours avec les mêmes coupes de cheveux à la mode. L'armée syrienne, en effet, n'impose pas de coupe courte et autorise l'usage du gel.

    "Ils se battent depuis plusieurs années. Et il n'y a aucun plaisir dans la vie quotidienne. Si cela leur plaît sans gêner leur travail, alors qu'ils se coiffent", explique un officier en position.

    Des combats de nuit…

    En général, il n'y a pas d'activités militaires intenses de nuit. Les militaires syriens et les terroristes préfèrent combattre à distance à cause de l'obscurité et aujourd'hui ne fait pas exception.

    Des soldats de l'armée syrienne à Alep
    © Sputnik . Michael Alaeddin
    Les tireurs d'élite suivent les mouvements sur le territoire de l'école d'artillerie de l'autre côté de la route. Les pointeurs crient dans leur radio pour corriger le tir de l'aviation. Les terroristes, qui ont occupé les écoles militaires, ne dorment pas non plus.

    On entend à la radio les comptes-rendus des premiers succès — un tireur du poste voisin a éliminé deux terroristes près d'un réservoir d'eau. Toutes les heures, le compteur des tirs ayant atteint leur cible augmente. Les officiers sont manifestement ravis par le travail du nouveau groupe. Le tableau est terni par l'annonce de deux combattants blessés au poste de contrôle à l'ouest.

    "Les problèmes commencent quand des tireurs d'élite étrangers arrivent en face de nous. Ils disposent également d'une visée nocturne et travaillent bien", déclare un capitaine d'un air sinistre.

    Alep, Bani-Zeid
    © Sputnik . Michael Alaeddin
    Alep, Bani-Zeid

    Selon la reconnaissance syrienne, un grand nombre de mercenaires se trouve actuellement à Alep, dont beaucoup sont à la tête des sections terroristes. Des centaines d'étrangers sont bloqués dans les quartiers est. De nombreux terroristes participant aux activités militaires au sud-ouest de la mégapole sont des ressortissants de pays arabes et européens, ainsi que d'États postsoviétiques.

    Quand ils attaquent, les terroristes utilisent des voitures piégées et des kamikazes. Les radicaux tentent de faire exploser le plus grand nombre de soldats dans la première ligne de défense avant d'entamer un affrontement ouvert. Cette stratégie n'a rien de nouveau, c'est pourquoi les soldats des forces gouvernementales en position avancée possèdent le matériel requis pour faire face à l'ennemi à toute heure de la journée et de la nuit.

    … à l'offensive du matin

    Il est 5 heures du matin, l'heure de lancer l'offensive. Un camion transportant des soldats approche de la route du côté du quartier Salaheddine. On rapporte à la radio que le groupe situé de l'autre côté des écoles est également prêt.

    A intervalle régulier, les soldats commencent à franchir l'autoroute transformée en ligne de front. Un parapet de terre sauve la vie des combattants. A 300 mètres, des balles solitaires atterrissent dans l'obstacle de sable, soulevant un nuage de poussière.

    Un combat se déclenche aux abords de l'école. Les terroristes étaient prêts pour la contre-offensive de l'armée. Les mitrailleuses de grand calibre et les fusils automatiques commencent à tirer. Les balles et les obus volent dans notre direction.

    Le militaire de l’armée syrienne pilonne les combattants qui tentent de quitter les bâtiments occupés par les terroristes
    © Sputnik . Michael Alaeddin
    Le militaire de l’armée syrienne pilonne les combattants qui tentent de quitter les bâtiments occupés par les terroristes

    Les tireurs d'élite débusquent et éliminent leurs "collègues" terroristes dans les fenêtres de l'établissement. Mais les extrémistes sont bien préparés — on aperçoit les salves de feu des mitrailleuses des trois côtés, il est impossible de les avoir à distance, tous sont bien camouflés. L'unité avancée des forces gouvernementales, avec un tué et deux blessés, doit reculer vers sa position initiale.

    Le second groupe arrive à franchir un tunnel mais n'arrive pas à s'ancrer. Des renforts de l'armée syrienne arrivent de l'autre côté de l'école. Pour disperser les forces syriennes, les terroristes attaquent les positions des troupes dans les quartiers résidentiels à quelques kilomètres du principal théâtre des opérations.

    Les radicaux, en large supériorité numérique, avaient réussi une semaine plus tôt à s'emparer de l'école d'artillerie et des écoles logistiques, d'une partie du quartier 1070 et du quartier Ramus. Jusqu'à 8 000 terroristes arrivés des provinces voisines d'Idlib et de Hama ont attaqué les positions de l'armée syrienne pour percer le blocus pesant sur leurs complices dans les quartiers est d'Alep.

    Mais les terroristes ont échoué et n'ont pas réussi à rompre le puissant encerclement. Malgré tout, l'armée syrienne manque encore de forces pour reprendre le contrôle des positions perdues.

    Bâtiment détruit dans le quartier de Bani Zeid dans le nord d'Alep
    © Sputnik . Michael Alaeddin
    Bâtiment détruit dans le quartier de Bani Zeid dans le nord d'Alep

    Aujourd'hui, selon les rapports du commandement, il a été possible d'encercler les terroristes sur le territoire des écoles. Désormais, les militaires projettent de nouvelles unités d'assaut sur cette partie du front. Reprendre les sites stratégiques est crucial pour lancer ensuite une vaste opération de libération de la capitale du nord de la Syrie.

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    Tags:
    opération militaire, terrorisme, armée gouvernementale syrienne, Hezbollah, Alep, Syrie
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