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    Al-Foua et Kefraya, ces villes oubliées

    Témoignage: horreurs de la vie sous le siège terroriste à Al-Foua et Kefraya

    © REUTERS/ Khalil Ashawi
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    Les villes syriennes d'Al-Foua et de Kefraya enregistrent un nombre croissant de décès dus à la faim et au manque de médicaments vitaux… Quelque 20.000 personnes y vivent sous le siège des terroristes, au bord d'une catastrophe humanitaire.

    C’était en 2012 que les extrémistes du Front al-Nosra et leurs alliés ont imposé un blocus partiel aux villes d'Al-Foua et de Kefraya (province d'Idlib, nord-ouest du pays). Mais au cours des trois premières années de vie sous leur siège, les habitants locaux pouvaient en cas de besoin évacuer les personnes grièvement blessées ou malades vers les villes voisines. Or, il y a exactement un an, les terroristes ont mis la main sur l'ensemble de la province. Quant aux habitants de ces deux communes, ils se sont vu complètement bloqués.

    Amir (le nom a été changé à la demande de l'intéressé) et l'une des rares personnes qui a réussi à quitter la zone avant qu'elle ne soit entièrement bloquée. Membre du conseil populaire d'Al-Foua et Kefraya, notamment de la communauté chiite les peuplant, lui et ses camarades consacrent désormais tout leur temps pour sauver la vie de ceux qui y restent.

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    © Sputnik. Mikhaïl Alaeddin
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    "C'est très rare que nous contactions les nôtres. Les communications sont coupées. C'est par le biais de nos propres réseaux que nous avons de leurs nouvelles, souvent en achetant des informateurs", avoue-t-il à un correspondant de RIA Novosti.

    Le dernier assaut terroriste contre les villes date de 2012. Ils étaient des milliers. Pour percer la ligne de résistance, ils ont même employé un véhicule blindé chargé d'explosifs. Appuyés par l'aviation syrienne, les habitants locaux ont alors réussi à dévier l'attaque.

    Mort pour un "islam incorrect"

    "Ils considèrent que nous (les musulmans chiites, ndlr) sommes des hérétiques et méritons la mort. S'ils s'emparent d'Al-Foua et de Kefraya, ils exécuteront tous les habitants pour la simple raison que nous ne sommes pas sunnites", relate-t-il.

    Et d'ajouter que la résistance des milices chiites était actuellement affaiblie et que les terroristes pouvaient prendre à tout moment la ville et mettre à morts ses habitants. Toutefois, selon lui, les radicaux suivent leur stratégie: ils créent exprès des conditions insupportables à la vie dans ces deux communes, le blocus étant leur atout lors des négociations avec le gouvernement syrien. Les extrémistes échangent les civils contre leurs complices.

    En 2015, 50 personnes, principalement des blessés et des enfants, ont été échangés contre des terroristes de Madaya (près de la frontière libanaise). Un autre échange a eu lieu le 8 septembre et concernait onze personnes.

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    Politique de l'autruche

    Actuellement, c'est la situation humanitaire dans la ville d'Alep qui attire toute l'attention de la communauté internationale. Entre 200.000 et 300.000 civils y vivent dans les zones contrôlées par les terroristes. La dernière fois que le Croissant-Rouge syrien leur a livré de l'aide humanitaire était fin juillet.

    Avec le concours du gouvernement syrien, la Russie a mis en place des corridors humanitaires par le biais desquels les civils peuvent quitter les zones occupées. Or, rares sont ceux qui osent les emprunter par peur de recevoir une balle de la part des terroristes.

    "A Al-Foua et Kefraya, les gens ont perdu tout espoir. Les nôtres sont sous le blocus depuis plus de trois ans et tout le monde s'en fout", affirme Amir.

    "Je ne peux pas comprendre pourquoi ni l'Onu, ni l'Occident ne soulèvent la question d’aider nos villes? Sommes-nous des sous-hommes?", s'exclame-t-il.

    Des milliers d'enfants sous le blocus et l'absence de soins médicaux

    Amir avoue que les villes assiégées souffrent d’une pénurie de médicaments. "Il ne reste même pas d'antiseptiques élémentaires. Avec l'absence d'hygiène, les blessures pourrissent et le sepsis emporte la vie de nombreuses personnes", explique Amir.

    "Depuis le début du blocus, 2.200 personnes ont péri à Al-Foua et Kefraya, dont 400 enfants et 850 femmes. Plus de 4.500 personnes sont blessées et risquent de mourir", poursuit le Syrien et montre des photos prises dans les villes occupées. Elles présentent des scènes affreuses.

    Les enfants représentent 30% de la population de ces villes. "Ils mangent une fois par jour. De nombreux enfants ont oublié ce que sont fruits et légumes. Ils mangent des céréales et du riz périodiquement largués par des avions. Il y a un déficit d'eau potable", explicite Amir.

    Tout espoir se dissipe

    Les forces gouvernementales ont entrepris de nombreuses tentatives de lever le blocus des deux villes. En novembre dernier, les milices populaires et l'armée syrienne sont parvenues à s'approcher à 30 km des deux communes. Mais elles n'ont pas pu aller plus loin.

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    "Nos villes essuient quotidiennement près de 1.500 bombes. Parfois, les terroristes tirent sur nous jusqu'à 3.000 obus et roquettes. D'où attendre l'aide?", regrette Amir.

    Les habitants d'Al-Foua et de Kefraya guettent la levée du blocus, mais chaque jour leurs espoirs se dissipent.

    Dossier:
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    Tags:
    pénurie de médicaments, maladie, siège, crise humanitaire, chiites, blocus, terrorisme, aide humanitaire, armée gouvernementale syrienne, Front al-Nosra, Kefraya, Al-Fu'ah, Madaya, Idlib, Syrie
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