Ecoutez Radio Sputnik
    Aleppo, Syria. (File)

    Les enfants tués à Alep, grands oubliés des médias occidentaux

    © REUTERS/ Abdalrhman Ismail
    International
    URL courte
    Situation à Alep (2016) (180)
    11596718

    Sept écoliers ont trouvé la mort et dix autres ont été blessés jeudi dans une nouvelle attaque terroriste contre des quartiers de la ville syrienne d’Alep. Or, la plupart des médias occidentaux n’ont pas jugé nécessaire d’y prêter l’attention. Serait-ce dû au fait que cette attaque s’inscrit mal dans la théorie défendue par cette presse ?

    C'est à 8 heures du matin, l'heure où les gamins se rendent à l'école, que les terroristes ont pilonné au mortier le quartier de Souleymanieh. Plusieurs obus sont tombés à l'entrée de l'école. Sept écoliers sont morts sur place et dix autres ont été blessés.

    Les combattants extrémistes assiégés dans les quartiers orientaux de la ville pilonnent quasi-quotidiennement les quartiers du reste de la ville et les tirs augmentent lorsque l'armée intensifie son offensive contre leurs positions.

    Suite à cette attaque, certaines familles ont perdu plusieurs enfants — les gamins se rendaient ensemble à l'école. Ainsi, une fillette est morte sur place, tandis que son frère a été grièvement blessé. Actuellement, les médecins tentent de le sauver.

    « L'obus a explosé près de lui. Il a reçu plusieurs blessures, son cerveau est gravement touché, il y a des éclats dans sa tête et dans son poumon… Les chances sont minimes, mais tant que son cœur battra on poursuivra la lutte pour sa vie », a déclaré le médecin Jean Fattouh au correspondant de l'agence Rossiya Segodnya présent sur place.

    Des médecins tentent de sauver la vie d'un garçon blessé jeudi à Alep
    © Sputnik. Mikhaïl Alaeddin
    Des médecins tentent de sauver la vie d'un garçon blessé jeudi à Alep

    Au total, près de 130 enfants ont trouvé la mort depuis le début du mois de septembre dans les attaques lancées par les extrémistes contre les quartiers d'Alep, indiquent les médecins. La plupart des décès sont dus à des blessures par éclats.

    Une tragédie passée inaperçue

    En dépit de l'envergure de la tragédie, elle n'a pratiquement pas eu d'écho dans la presse occidentale. Et pourtant, les journalistes ont accès aux hôpitaux dans lesquels ont été placés les enfants blessés.

    « Aujourd'hui, j'ai regardé le journal télévisé et lu la presse. Personne n'en parlait », relate Nikolaï Pakhomov, employé du New York Consulting Bureau travaillant aux États-Unis.

    « Il se trouve que les médias américains véhiculent pour la population les points de vue compatibles avec les intérêts des élites locales. En Syrie, ces dernières ont une position bien claire. Bachar el-Assad est le principal coupable de la situation en Syrie et c'est un criminel. Quant à la Russie, elle contribue aux monstruosités qu'Assad commet. La dépêche en question ne s'inscrit pas dans le cadre de cette théorie, c'est pour cela qu'elle n'est pas diffusée », explique-t-il.

    Or, on ne peut pas dire qu'aucun avis alternatif ne pénètre dans la presse. « Les informations attestant que les choses sont beaucoup plus complexes et que les adversaires d'Assad commettent de nombreux crimes. Ceci est mentionné dans des rapports des défenseurs des droits de l'homme, dans les propos d'experts et dans les médias. Mais si l'on examine l'image informationnelle dans son ensemble, elle est telle que je vous l'avais décrite », a conclu M. Pakhomov.

    L'Onu cherche une solution à la crise d'Alep

    600 personnes, dont 400 mineurs, doivent être évacuées d'urgence d'Alep. Or, l'Onu ne possède pas pour l'heure une liste exhaustive, a fait savoir jeudi l'envoyé spécial adjoint des Nations unies pour la Syrie, Ramzy Ezzeldin Ramzy.

    Et de préciser que l'évacuation médicale ne pouvait avoir lieu tant que le régime de cessez-le-feu n'était pas rétabli dans la ville. La situation reste complexe, mais l'Onu ne perd pas espoir et continue à déployer ses efforts en vue de son amélioration. Ainsi, le 6 octobre, l'envoyé spécial de l'Onu pour la Syrie, Staffan de Mistura, a proposé aux extrémistes du Front al-Nosra de quitter la ville. Pour l'instant, la réponse est négative, mais l'organisation espère que l'entente sera parachevée.

    Pour sa part, le chef du Commandement opérationnel principal de l'état-major russe, le général Sergueï Roudskoï, a déclaré que la Russie était prête à assurer la sécurité du retrait des extrémistes et la sortie des civils des quartiers orientaux d'Alep.

    Les autorités syriennes restent pourtant sceptiques et ne croient pas que les extrémistes d'al-Nosra accepteront de quitter la ville.

    « Le Front al-Nosra est la force principale des hommes armés d'Alep. (…) Ils ne sortiront pas de la ville, réalisant quelles pertes ceci leur coûtera. Seuls les combats peuvent contraindre les extrémistes à quitter la ville », considère le ministre syrien de la Réconciliation nationale Ali Haïdar. 

    Suivez Sputnik sur Telegram pour ne jamais manquer les actualités les plus importantes grâce à nos sélections du matin et du soir. Pour recevoir les actualités de notre chaîne, il suffit de télécharger l'application Telegram sur n'importe quel smartphone, tablette ou ordinateur puis cliquer sur le lien et appuyer sur « Join ».

    Dossier:
    Situation à Alep (2016) (180)

    Lire aussi:

    En Syrie, plus de 15.000 personnes enlevées ou portées disparues
    Syrie: plus de 10 000 militants sont retournés à la vie civile
    Horreurs de la guerre à Alep: réponse d'un jeune Syrien à la «blogueuse» Bana
    Tags:
    obus, enfants, médias, victimes, école, Front al-Nosra, ONU, Sergueï Roudskoï, Staffan de Mistura, Occident, Alep, Syrie, États-Unis
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik

    Tous les commentaires

    • selenaondirignee
      Oui, j'y pense souvent à ces enfants, ces vies détruites ou abîmées...pourquoi ?

      Certains vont me trouver des raisons, dans l'absolu, aucune raison ne le justifie et encore plus des raisons occidentales (pour qui, une vie est rentable ou ne vaut rien).

      Pourtant une vie, c'est des espoirs, des rêves, des soins quotidiens, la force de la persévérance et la fragilité de notre condition matérielle (physique).
    Afficher les nouveaux commentaires (0)