Ecoutez Radio Sputnik
    François Fillon

    Le politiquement correct de Fillon: «la Russie c’est pas le Luxembourg»

    © AFP 2018 Eric Piermont
    International
    URL courte
    93988

    «Traiter ce pays comme si c'était le Luxembourg ou le Panama, c'est juste une énorme bêtise», c'est ainsi que s'est exprimé l'ancien premier ministre français François Fillon au sujet de la Russie, des propos qui pourraient lui jouer des tours?

    L'ex-premier ministre et candidat à la primaire de la droite et du centre François Fillon reste confiant: « Ma conviction, c'est que je serai au second tour ». Admirateur de la Russie, il ne cache pas son engouement, bien que personne ne sache où cela le mènera.

    Hier, intervenant sur France Inter lors de l'émission « Questions politiques », le candidat a évoqué ses pronostics quant à sa position à la primaire, la politique internationale, puis s'est attardé brièvement sur l'élection américaine et sa sympathie à l'égard du président russe.

    Voter pour Hillary Clinton signifie-t-il voter pour un retour de la Guerre froide ?, lui avait-on demandé initialement, avant que la discussion ne prenne une toute autre tournure.

    « Non, d'abord aux États-Unis, la politique étrangère est largement partagée avec le Congrès, elle n'a pas les mains libres. Et puis elle est pragmatique, elle sera bien obligée de tenir compte… En tout cas, ce que moi je sais, c'est que si je deviens président de la République, je défendrai… »

    « Votre ami Poutine… », coupe une chroniqueuse alors qu'il s'apprêtait à expliquer ses propos.

    « Non, c'est pas une question d'amitié ! » rétorque M. Fillon. « Je n'ai aucune relation personnelle avec Poutine. Je l'ai vu une quinzaine de fois… Je ne l'ai pas vu depuis longtemps. »

    Selon l'ex-premier ministre français, l'attitude envers la Russie, qu'on traite comme s'il s'agissait du Luxembourg ou du Panama n'est pas sage, ce qu'il motive par les dimensions non modiques de cette première.

    « La question c'est que la Russie, c'est le plus grand pays du monde par sa superficie. C'est un pays dangereux car c'est un pays instable, qui n'a jamais connu la démocratie, qui est dans une situation économique très difficile. Traiter ce pays comme si c'était le Luxembourg ou le Panama, c'est juste une énorme bêtise. »

    En plus, l'axe de gravité de l'économie mondiale se déplace vers l'Asie, mais il n'est pas indispensable d'y pousser une Russie qui est profondément européenne, souligne-t-il.

    « Quel que serait le chef d'État russe, j'aurai la même position. Mais je voudrais vous faire remarquer qu'il n'y a jamais eu de démocrate à la tête de la Russie et que vouloir faire tout d'un coup de Poutine une sorte de monstre aux mains pleines de sang, c'est juste ridicule par rapport à l'histoire de la Russie », lance-t-il.

    Les chroniqueurs maintiennent malgré tout leur ligne et se demandent comment on parle à un président russe qui « bombarde » Alep, qui « se fiche du reste ». M. Fillon pointe : en premier lieu, il n'aurait pas fallu se coller la tête dans le sable là où la crise syrienne avait besoin de solutions énergiques.

    « Si on n'avait pas laissé faire, on ne serait pas dans cette situation, si on avait accepté de discuter maintenant. On avait une Russie qui était quand même assez marginale au Proche-Orient, qui était plutôt affaiblie — et on a maintenant une Russie qui joue un rôle central en Syrie ».

    Du coup, il y a matière à réfléchir. On peut se poser la question de savoir si la politique étrangère qu'on a menée était intelligente ou au contraire stupide. Quoi qu'il en soit, c'est trop tard et il est temps de remédier aux erreurs du passé et de dialoguer à nouveau avec le président russe.

    « Maintenant il faut essayer de limiter la casse, pour ça il faut essayer de parler avec lui. Pas en se couchant devant lui, pas en acceptant ses solutions, mais au moins en acceptant de reconnaître que la Russie joue un rôle et qu'il faut la considérer comme un interlocuteur », fustige l'ex-premier ministre.

    Suivez Sputnik sur Telegram pour ne jamais manquer les actualités les plus importantes grâce à nos sélections du matin et du soir. Pour recevoir les actualités de notre chaîne, il suffit de télécharger l'application Telegram sur n'importe quel smartphone, tablette ou ordinateur puis cliquer sur le lien et appuyer sur « Join ».

    Lire aussi:

    Fillon: "La France doit demander à l’UE d'arrêter la négociation du Tafta"
    Sanctions antirusses: Fillon dit connaître une issue
    François Fillon exhorte à concerter les efforts contre Daech avec la Russie
    Fillon: la question syrienne doit se régler avec les Russes
    Tags:
    primaire, entretien, crise syrienne, élection présidentielle, politique, François Fillon, Vladimir Poutine, Alep, Syrie, France, Russie
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik