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    Résolution anti-Sputnik: l’auteur reconnaît des motifs personnels

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    Résolution du Parlement européen sur la lutte contre les médias russes (32)
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    L’Union soviétique a disparu il y a 25 ans, mais son spectre continue de hanter certaines députées européennes.

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    Le Parlement européen a adopté une résolution prévoyant des mesures destinées à limiter l'activité des médias russes en Europe. Considérez-vous cette décision comme une atteinte à la liberte d'expression au sein de l’UE ?
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    La députée polonaise du Parlement européen Anna Fotyga, à l'origine de la résolution russophobe qui sera votée aujourd'hui, a avoué que sa rédaction avait été motivée par des mobiles personnels.

    « La majeure partie de ma vie publique sous les communistes et après a été consacrée à lutter contre la rhétorique imposée par l'Union soviétique et, plus tard, par la Russie dans les limites de sa sphère d'influence traditionnelle. J'ai toujours pensé que c'était très dangereux et menaçait notre souveraineté (polonaise, ndlr). Le même problème se pose à de nombreux pays d'Europe centrale et de l'Est », a déploré Mme Fotyga lors des débats.

    Les Polonais, tout comme les Baltes, sont des champions réputés de la russophobie au sein de l'Union européenne, qui brandissent l'épouvantail des manipulations et de la désinformation russes devant les Européens insouciants.

    Mme la députée, qui dit de son rapport qu'il vise à contrer « deux aspects de la propagande hostile », a même l'audace de diviser les pays occidentaux en plus démocratiques et moins démocratiques.

    « Au premier chef, c'est la propagande de la Russie. Maintenant, tout est devenu plus clair. Après l'annexion de la Crimée et l'agression dans l'est de l'Ukraine, de nombreux pays démocratiques de l'Occident se rendent compte des méthodes de désinformation et de manipulation utilisées par la Russie », met en garde Mme Fotyga.

    Le Parlement européen votera aujourd'hui ce document dont certaines formules frisent la proposition d'introduire la censure. S'il est adopté, il ne revêtira qu'un caractère de recommandation.

    Intitulé « Sur la communication stratégique de l'Union visant à contrer la propagande dirigée contre elle par des tiers », il affirme que la Russie accorde un soutien financier à des partis politiques et organisations de l'opposition dans les pays membres de l'UE en vue de « diviser l'Europe ».

    Selon le document, la propagande hostile de Moscou est menée par le biais « d'un panel étendu d'outils et d'instruments, tels que des fondations spéciales (Russkyi Mir), des chaînes de télévision multilingues (Russia Today, RIA Novosti), des agences d'information (Sputnik), des groupes sociaux et religieux (y compris l'Église orthodoxe) ».

    Pis encore, Mme Fotyga met la « propagande hostile » de Moscou au même rang que celle de Daech.

    Force est de reconnaître que le projet de résolution de la députée polonaise n'a pas fait l'unanimité au sein du Parlement européen.

    Le député français Aymeric Chauprade a exprimé l'espoir qu'il y aura suffisamment de députés pour voter contre son adoption, soulignant que son auteur ne prend pas en considération l'existence d'une propagande antirusse.

    Un autre député français, Jean-Luc Schaffhauser, a dit appréhender l'activité médiatique des États-Unis et non pas la propagande russe.

    Précédemment, le député espagnol Javier Couso avait exigé de conférer à la Russie le statut de « partenaire clé de l'UE et acteur mondial clé tant en matière de sécurité internationale que dans la lutte commune contre Daech ». Il a également insisté sur la levée des sanctions antirusses, la reprise de l'accord Russie-UE et « une stricte division entre l'UE et l'Otan ».

    La Crimée est redevenue une région russe à l'issue d'un référendum qui avait suivi le coup d'État en Ukraine. Pendant le référendum, plus de 95 % des habitants de la péninsule se sont prononcés pour la réunification avec la Russie.

    Les autorités russes qualifient également d'inacceptables les accusations de l'Occident sur ce qu'il appelle l'ingérence de Moscou dans les affaires ukrainiennes. Le Kremlin a plus d'une fois répété que la Russie n'était pas une partie du conflit ukrainien intérieur.

    Notons pour conclure que le délégué aux droits de l'homme du ministère russe des Affaires étrangères Konstantin Dolgov a qualifié la résolution de discrimination.

    « Cette question est une discrimination flagrante des droits des médias russes », a-t-il déclaré en direct sur la chaîne de télévision RT diabolisée par Mme Fotyga.

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    Dossier:
    Résolution du Parlement européen sur la lutte contre les médias russes (32)

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    réactions, vote, résolution antirusse, Parlement européen, Anna Fotyga, Jean-Luc Schaffhauser, Aymeric Chauprade, Crimée, Ukraine, Russie
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