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À 11h41, le 7 décembre 1988, la région nord-ouest de l’Arménie a été dévastée par un fort séisme. En 30 secondes la ville de Spitak a été détruite.

Le séisme d'une magnitude de 7 sur l'échelle de Richter s'est produit à 11h41, le 7 décembre 1988, au nord-ouest de l'Arménie, dans la région de Spitak. Plus de 300 villes et villages de la région ont été touchés alors que Spitak, à l'épicentre du séisme, a été détruite en 30 secondes.

Arménie : après le séisme de Spitak
© AFP 2021 VITALY ARMAND

Selon les chiffres officiels, le séisme a fait 25 000 morts, 140 000 blessés et 500 000 sans abri.

Le séisme

Arménie : après le séisme de Spitak
© AFP 2021 JOEL ROBINE

L'hypocentre était situé à six kilomètres au nord-ouest de Spitak à la profondeur de 20 km.

Le séisme a complètement détruit la ville de Spitak de 17 000 habitants et 58 villages. La deuxième plus grande ville d'Arménie, Léninakan (aujourd'hui Gyumri), a été détruite à 80 %. Stepanavan, Kirovakan (aujourd'hui Vanadzor) et plus de 300 autres localités ont été partiellement détruites.

Environ 40 % du territoire de l'Arménie a été touché par le séisme. Près de 970 000 personnes se sont retrouvées dans la zone sinistrée. La centrale nucléaire de Metsamor a été arrêtée suite au séisme.

Dans la zone du séisme

Spitak : après le séisme
© AFP 2021 JOEL ROBINE

Souren Aratunian, premier secrétaire du Comité central du Parti communiste d'Arménie en 1988 à 1990 se souvient de la ville de Léninakan la nuit du 7 décembre 1988: « Les feux étaient allumés dans la ville. Leur lumière rouge vacillante éclairait les hommes et les femmes, les enfants et les vieillards enveloppés dans des couvertures, debout ou assis. À côté de chaque maison détruite, il y avait des gens qui attendaient. Dans leurs âmes, sur leurs visages, il y a du chagrin et de l'espoir. À ce moment-là, le seul but était de retrouver les siens mais si le destin en a décidé autrement, de les enterrer selon les coutumes des ancêtres ».

Spitak  : après le séisme
© AFP 2021 JOEL ROBINE

Anaït Galadjian, habitante de Kirovakan (aujourd'hui Vanadzor), raconte: « Après avoir entendu les cris des voisins et le bruit des pas dans le couloir j'ai couru vers la chambre. J'ai pris le bébé de son berceau, suis revenue en courant dans la cuisine pour prendre mon fils aîné. Ça tremblait déjà tellement qu'il était presque impossible de se tenir debout. Ça secouait comme ça secoue peut-être sur un bateau pendant une tempête. Tout l'immeuble vacillait, il y avait de grandes pierres noires qui tombaient d'une hauteur. Une ou deux fois, j'ai reçu un fort coup sur la tête. S'il n'y avait pas eu mon fils cadet dans mes bras que je protégeais avec mon corps et mon fils aîné que je tirais littéralement, ces coups m'auraient peut-être fait perdre conscience et je serais tombée. Mais là il fallait tenir bon ».

Spitak : après le séisme
© AFP 2021 JOEL ROBINE

Ivan Doucharine, responsable d'un groupe de sauvetage, se souvient: « Un des conducteurs de grue a été envoyé à l'hôpital psychiatrique — il avait soulevé avec sa grue des dalles dans une école primaire en ruine et avait vu toute une classe d'enfants morts. Le travail de sauveteur nécessitait d'avoir l'estomac bien accroché et une stabilité psychique mais nous sommes tous des gens comme les autres. Nous aussi, nous avons eu des problèmes. Après le travail, les gars n'arrivaient plus à récupérer, ils faisaient des cauchemars, parfois quelqu'un se levait la nuit en criant ».

Spitak : après le séisme
© AFP 2021 JOEL ROBINE

L'hiver 1988, étant l'un des plus froids depuis de nombreuses années, ceux qui avaient survécu risquaient de souffrir des basses températures qui atteignaient —35°C.

Il a vite été clair que la situation devenait incontrôlable. La plupart des hôpitaux de la région étaient détruits, beaucoup de médecins étaient morts ou blessés, les systèmes d'approvisionnement en électricité et en eau étaient endommagés. Les autorités locales n'étaient pas prêtes à affronter une catastrophe d'une telle ampleur.

Spitak : après le séisme
© AFP 2021 JOEL ROBINE

L'aide humanitaire

En quelques jours, 50 000 tentes et 200 cuisines de campagne ont été installées. Plus de 20 000 militaires ont participé aux opérations de sauvetage, plus les volontaires. Toute l'Union soviétique a activement pris part à la collecte de l'aide pour les sinistrés d'Arménie.

Spitak : après le séisme
© AFP 2021 JOEL ROBINE

Toutes les républiques soviétiques ont participé à la reconstruction de la région frappée par le séisme. 111 pays dont la Belgique, le Royaume-Uni, l'Italie, le Liban, la Norvège, la France, l'Allemagne et la Suisse ont aidé l'URSS en fournissant des équipements pour les travaux de sauvetage, en envoyant des spécialistes, de la nourriture et des médicaments. La communauté internationale a également participé à la reconstruction de la région sinistrée.

Après le séisme de 1988 en Arménie, Charles Aznavour a créé à Paris un fonds d'aide aux victimes de la catastrophe. En 1989, le chanteur avec d'autres artistes français a enregistré une chanson Pour toi, Arménie devenue une sorte d'hymne à la vie.

Charles Aznavour, discute avec une femme arménienne à son arrivée à Erevan, le 04 février 1989.
© AFP 2021
Charles Aznavour, discute avec une femme arménienne à son arrivée à Erevan, le 04 février 1989.

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Tags:
catastrophe, séisme, Charles Aznavour, Spitak, Arménie, URSS
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