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    Quand le crowdfunding finance Daech

    Quand le crowdfunding finance Daech

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    Vous êtes-vous déjà interrogés sur les vrais buts de certains projets de crowdfunding? Et si l'argent donné servait à alimenter le terrorisme? Une petite plongée dans le fonctionnement de ce genre de plateformes nous éclaire sur ce problème.

    Tracfin (pour Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins), organisme du ministère français de l'Économie et des Finances, chargé de la lutte contre le blanchiment d'argent, s'est mis à suivre de près les plateformes de collecte de dons en ligne depuis les attentats de 2015. Les cellules terroristes semblent profiter de financements participatifs qui contribuent ainsi à leurs opérations.

    « Nous avons repéré des annonces explicites, comme par exemple des demandes de soutien pour partir en Syrie ou en revenir », a expliqué le directeur général de Tracfin Bruno Dalles.

    « Mais il y a aussi des collectes réalisées sous couvert de simples anniversaires impliquant des individus déjà repérés par les services de renseignement », a ajouté un responsable de l'organisme, cité par Challenges. « Lorsque l'on arrive à repérer ces opérations, elles peuvent s'avérer très instructives pour comprendre le fonctionnement de certains réseaux ».

    Dans son récent rapport, intitulé « Des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme », Tracfin fait état des anomalies relevées dans le cadre d'une collecte de fonds à des fins humanitaires sur un site dont le nom est gardé secret. Certains flux financiers provenaient des pays à risque du Moyen-Orient et la collecte a été réalisée très rapidement pour un montant anormalement élevé.

    « L'étude des différents projets proposés sur la plateforme a permis de constater qu'un certain nombre d'entre eux étaient liés à des associations dont les gérants sont connus comme étant proches de milieux radicaux islamistes », constate Tracfin.

    Il est pourtant difficile de différencier les contributeurs de mauvaise foi, « qui participent à un projet en ayant connaissance de sa finalité réelle », des contributeurs de bonne foi, victimes d'une forme d'escroquerie ou d'abus de confiance.

    A titre d'exemple, les enquêtes menées après l'assassinat du père Jacques Hamel par deux djihadistes à Saint-Etienne-du-Rouvray ont permis de conclure que ses assassins, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, avaient participé au financement de diverses cagnottes. Une partie de ces dons a fini dans les mains de l'association Sanabil. Cette organisation, qui se charge d'aider les détenus musulmans, s'avère réunir parmi ses bienfaiteurs des personnages comme Amedy Coulibaly, auteur de l'attentat contre l'Hyper Cacher, ou Salim Benghalem, un bourreau de Daech condamné par la justice française.

    Suite à ces révélations, le gouvernement a été obligé de renforcer les obligations réglementaires de ces plateformes. Ainsi, dès le 1er janvier 2017, les organismes du secteur situés en France devront prendre le statut d'Intermédiaire en financement participatif (IFP). Quelles seront les nouvelles obligations pour ces sociétés ? Elles devront nécessairement connaître l'identité des participants aux collectes de dons, ainsi qu'informer Tracfin de leurs soupçons en la matière. Et s'ils sont jugés particulièrement à risque, certains individus pourraient être surveillés.

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    Tags:
    financement, terrorisme, crowdfunding, Etat islamique, Tracfin, France
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