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    Les matérieux retrouvés par la police brésilienne au cours de l'opération Azov

    Le Brésil, lieu de recrutement de néonazis pour le bataillon Azov

    © Sputnik . Alexander Maksimenko
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    Début 2016, la police de l’État du Rio Grande do Sul a été informée que des Ukrainiens venaient au Brésil recruter des néonazis brésiliens pour le bataillon Azov. Dans un entretien accordé à Sputnik Brasil, le policier brésilien Paulo César Jardim évoque les sources de cette affaire et l’opération de lutte contre les extrémistes.

    César Jardim est actuellement à la tête de la première unité de police, dans la ville de Porto Alegre, dont la spécialité est la lutte contre les organisations néonazies. L'interlocuteur de l'agence a fait savoir que depuis l'an 2000, un groupe spécial travaillait sur ce domaine et qu'il avait récemment effectué plusieurs arrestations dans la capitale du Rio Grande do Sul ainsi que dans sept autres villes de l'État.

    Au début des années 2000, M. Jardim, alors directeur de la police municipale, a vu des membres de l'ONG Justice et Droits de l'homme lui rapporter de l'existence d'organisations néonazies dans le Rio Grande do Sul.

    « Au début, je n'y ai pas cru : des néonazis ici, sérieusement ? Le Brésil est le pays du football, du carnaval… Mais j'ai créé un groupe pour vérifier à quel point c'était vrai et nous avons découvert certaines choses, certaines personnes, différents mouvements, tels que des gothiques, des skinheads (Carecas do Brasil), les skinheads de la région ABC (Carecas do ABC, une région métallurgique de San Paolo), des nazis, des néonazis. »

    Et de poursuivre :

    « Nous avons poursuivi notre enquête et avons découvert qu'il y avait vraiment des groupes avec une idéologie néonazie. Depuis 2000, nous avons effectué plusieurs arrestations, plus de 50 personnes ont été condamnées, plusieurs mesures ont été prises. Certaines affaires ont été renvoyées en Cour d'assises, comme il s'agissait d'assassinats, d'autres affaires ont été renvoyées devant la Cour pénale. »

    Les groupes d'extrémistes de droite se trouvent principalement dans le sud du pays, où à l'époque, en raison du climat doux qui ressemble à celui du Vieux Continent, les colons européens venaient vivre. Actuellement, la population blanche représente 80 % du sud du Brésil.

    Au cours de l'opération « Azov » lancée par la police, des ordinateurs, des documents et de la propagande nazie ont été confisqués. Paulo César Jardim évoque l'opération :

    « Il y a dix mois, nous avons été informés sur des gens en provenance d'Ukraine et d'autres pays d'Europe de l'Est qui sont arrivés pour recruter des membres de groupes néonazis pour l'unité Azov, pour les envoyer après en Ukraine. Plusieurs ont été arrêtés et ont témoigné. »

    Material apreendido pela Polícia Civil de Porto Alegre
    Polícia Civil / Divulgação
    Material apreendido pela Polícia Civil de Porto Alegre
    Les matérieux retrouvés par la police brésilienne au cours de l'opération Azov
    Polícia Civil / Divulgação
    Les matérieux retrouvés par la police brésilienne au cours de l'opération Azov

    Pourtant, ces gens restent en liberté, parce qu'au Brésil, une arrestation n'est possible que pour deux raisons : soit au moment où une personne commet un crime, soit selon décision de justice, et la police n'a pas réussi à les prendre en flagrant délit.

    « Je suis une règle simple : il est plus simple et plus paisible pour tout le monde de prévenir quelque chose que de faire face aux conséquences, à la douleur, à la tragédie. Ainsi, au lieu de faire face aux conséquences, j'essaye de prévenir les crimes. Nous travaillons selon ce principe depuis une dizaine d'années et nous avons prévenu une dizaine d'actions de néonazis ».

    L'interlocuteur de l'agence a également fait savoir que, dans le cadre de l'opération « Azov », des néonazis brésiliens, qui étaient déjà en fuite pour avoir commis d'autres crimes, ont été arrêtés.

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    Tags:
    néonazisme, police, bataillon Azov, Porto Alegre, Kiev, Brésil, Ukraine
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