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    Vue générale du site historique de Palmyre

    L’offensive US à Raqqa en pause «pour laisser Daech attaquer Palmyre»

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    Situation en Syrie (hiver 2016/17) (165)
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    Les terroristes de Daech ont plusieurs fois tenté de lancer une offensive contre l’armée syrienne aux environs de Palmyre après la décision de la coalition américaine de renoncer aux opérations contre Daech jusqu’au printemps 2017. Une coïncidence? Pas du tout, selon un expert iranien interrogé par Sputnik.

    La pause dans les activités militaires conjointes des troupes kurdes syriennes et américaines dans la ville syrienne de Raqqa s'avère bénéfique pour les terroristes de l'État islamique, a estimé Sabbah Zanganeh, ancien représentant de l'Iran auprès de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), dans une interview accordée à Sputnik.

    « Quand les extrémistes de Daech et du Front al-Nosra (désormais Front Fatah al-Cham, ndlr) sont attaqués et se retrouvent au bord du précipice, ils s'efforcent de se redéployer vers d'autres endroits. Après l'encerclement de Mossoul, l'armée syrienne et ses alliés ont repris le contrôle de plusieurs sites de la province d'Alep près de la ville d'al-Bab après des combats acharnés. Alors, pour éviter l'encerclement, les terroristes de l'EI et leurs complices ont entamé une offensive sur Palmyre », a déclaré Sabbah Zanganeh.

    Selon lui, plus de 4 000 extrémistes « n'auraient pas pu se diriger de Mossoul vers Raqqa et Deir ez-Zor sans être détectés par les radars de l'aviation américaine ».

    « Ainsi, la fin de l'offensive à Raqqa a permis aux terroristes de se regrouper, de Mossoul à Palmyre. De plus, toute l'opération a été effectuée en harmonie avec Washington et certains autres acteurs locaux », a souligné le spécialiste du Proche-Orient.

    En novembre dernier, les Forces démocratiques syriennes (FDS), composées des milices kurdes syriennes, ont lancé l'opération « Colère de l'Euphrate » visant à libérer Raqqa des mains de Daech. Depuis 2013, Raqqa est la « capitale » de Daech en Syrie.

    Le 12 novembre, le porte-parole de la Défense russe Igor Konachenkov a déclaré que les troupes de l'EI avaient plusieurs fois tenté d'attaquer les positions de l'armée syrienne près de Palmyre. Il a également noté que la coalition américaine anti-Daech avait renoncé à lancer des offensives jusqu'au printemps 2017.

    D'après Moscou, les terroristes ne doivent pas avoir de telles opportunités de regrouper leurs forces.

    « C'est bien une réponse à ce qu'il se passe à Alep, à l'offensive de l'armée syrienne, pour diminuer l'importance de la victoire à Alep, et également une démarche visant à rediriger les forces du gouvernement syrien vers Palmyre », a pour sa part indiqué le président syrien Bachar el-Assad dans une interview à la chaîne de télévision RT.

    Selon le journaliste Mikhail Cheinkman, les combats près de Palmyre ont été presque entièrement ignorés par les dirigeants et les médias occidentaux.

    « C'est la guerre, et tout peut arriver. Mais il y a tant de coïncidences dans cette histoire, qu'elle est bien placée dans la logique des accidents survenus. Un avion américain a bombardé une position de l'armée irakienne, placée juste dans le couloir visant à empêcher les terroristes de Daech de quitter Mossoul en direction de la Syrie. De plus, la coalition américaine et ses alliés ont suspendu leurs activités à Raqqa et près de Deir ez-Zor.

    Ainsi, quelque 5 000 terroristes de Daech sont venus à Palmyre », a déploré M. Cheinkman dans son article pour la Radio Sputnik.

    À l'heure actuelle, les forces de l'opposition syrienne mènent une opération pour empêcher l'arrivée de renforts des terroristes à Raqqa.

    L'opération de libération de Raqqa « Colère de l'Euphrate », qui a été lancé dans la nuit du 5 novembre par les Forces démocratiques syriennes est la seconde offensive majeure lancée contre Daech dernièrement. Au début du mois d'octobre, les forces de sécurité irakiennes, soutenues par les États-Unis et d'autres alliés, ont lancé l'opération de libération de Mossoul.

    Washington et ses alliés mènent une opération militaire contre Daech en Irak et en Syrie depuis 2014, sans le consentement de Damas. La Russie, au contraire, agit à la demande des autorités syriennes. Dans le même temps, les Américains refusent de coordonner leurs actions avec la Russie, malgré plusieurs appels de Moscou en ce sens.

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    offensive, milice, libération, opposition, terrorisme, Colère de l'Euphrate, Front Fatah al-Cham (ex-Front al-Nosra), Radio Sputnik France, coalition anti-Daech, Forces démocratiques syriennes, Organisation de la coopération islamique (OIC), chaîne de télévision russe RT, Sputnik, Etat islamique, Mikhail Cheinkman, Sabbah Zanganeh, Bachar el-Assad, al-Bab, Deir ez-Zor, Palmyre, Raqqa, Mossoul, Washington, Alep, Proche-Orient, Damas, Moscou, Iran, Syrie, Irak, États-Unis, Russie
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