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    Le Washington Post

    Le Washington Post «richement récompensé» pour des fakes sur la menace russe

    © AFP 2017 Saul Loeb
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    Connu pour ses attaques acharnées contre plusieurs portails Web qu’il accuse régulièrement de publier des canards, le Washington Post a été à son tour «richement récompensé» pour ses propres fakes sur la fameuse «menace russe», affirme le journaliste de grande renommée, Glenn Greenwald.

    Dans un article publié récemment sur le site The Intercept, le journaliste chevronné Glenn Greenwald lève le voile sur la réputation entachée du Washington Post (WP), qui a récemment publié deux fakes à propos de la « menace russe omniprésente », d'ailleurs vite discrédités par les médias non-mainstream.

    Selon le journaliste, le premier fake — maintenu sur le site du Washington Post au moins deux semaines d'affilée sans être supprimé ni mis à jour — porte sur l'« activité sournoise » d'un lobby d'« experts » en matière de propagande russe. Il est à noter qu'il s'agit en fait d'environ 200 sites Web non-mainstream, y compris Drudge et Truthout, qui seraient « à la solde du Kremlin ».

    Le second canard, poursuit-il, concerne un article truqué dans lequel une source anonyme prétend que des hackers russes auraient piraté un fournisseur d'électricité de l'État du Vermont. Pourtant, les sources se sont révélées moins fiables qu'on le croyait. Le Post a dû démentir ses accusations. Une version avec une note de l'éditeur a alors fait son apparition sur le site du WP.

    Il y a quelques jours, Washington avait annoncé qu'une nouvelle preuve de l'implication de la Russie dans les attaques informatiques avait été mise au jour dans les réseaux américains de distribution d'électricité : un code malveillant soi-disant créé par les services de renseignement russes pour des cyberattaques.

    Or, selon Mark Maunder, le PDG de Wordfence, une entreprise spécialisée en matière de protection de la propriété intellectuelle, si on découvre un tel code, « cela ne signifie pas que le piratage a été commis par la Russie ».

    « Bien que de tels articles ne fassent certainement pas la gloire du quotidien, ils sont richement récompensés », souligne M. Greenwald. « Voilà pourquoi certains journalistes, y compris ceux du Washington Post, s'attaquent à de fausses histoires à sensation, persuadés qu'elles les aideront à augmenter massivement le nombre de vues par page. D'ailleurs, le rédacteur en chef du Washington Post, Marty Baron, se vantait récemment de voir à quel point le quotidien était devenu rentable. »

    De telles histoires, poursuit-il, ont tendance à devenir vira les en un temps record, et les lecteurs ne se doutent même pas parfois qu'il s'agit en fait d'un faux pur et simple. À titre d'exemple, la publication Twitter de M. Baron sur la menace russe a été retweeté plus de 3 000 fois, sans qu'il la supprime par la suite ou avertisse ses abonnées des erreurs qui s'y sont glissées.

    « Mais qu'est-ce qui a justement poussé le Washington Post à publier ces deux fausses histoires sur la Russie ? Le quotidien a-t-il misé sur une attention accrue des lecteurs et un nombre de vues élevé ? S'agissait-il d'un objectif idéologique et politique, notamment celui de représenter la Russie comme un danger imminent pour la sécurité des États-Unis ? Cherchait-il à flirter avec une audience qui ne demandait qu'à être gavée d'articles sur la "tricherie russe" suite à la victoire de Trump ? », se demande le journaliste.

    Et de souligner : « Dans une institution aussi importante que le Washington Post, où travaille un grand nombre de reporters et de rédacteurs, il est impossible de donner une réponse simple à cette question. »

    Comble de l'ironie, les journalistes mainstream — ceux-là mêmes qui mènent une croisade contre les fakes — jouent un rôle clé dans la propagation de telles informations, conclue le journaliste.

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    Tags:
    presse à canard, presse, Washington Post, États-Unis, Russie
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