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    Ex-officier de l’Otan: «la menace russe est inexistante»

    Ex-officier de l’Otan: «la menace russe est inexistante»

    © AFP 2019 Nikolay Doychinov
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    Renforcement de la présence de l'Otan en Europe (296)
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    Le transfert de 4.000 militaires et de 87 chars US vers l’Europe orientale via l’Allemagne et le cliquetis des armes américaines visent à convaincre les Européens et les Allemands de l’existence d’une menace russe, affirme à Sputnik un expert militaire allemand.

    Le secrétaire américain de la Défense Ashton Carter s'efforce d'alourdir le fardeau du président élu Donald Trump en déployant un important contingent américain en Europe orientale pour souligner le soi-disant danger que représente Moscou, a déclaré Jochen Scholz, ancien lieutenant-colonel à la Bundeswehr et auprès de l'Otan, dans une interview accordée à Sputnik.

    « Washington envisage d'ancrer dans la mémoire de l'opinion allemande et européenne l'idée que la Russie est très dangereuse et menace les pays voisins, en particulier les pays baltes. Cette opération a aussi pour but de nous habituer à la hausse des dépenses militaires », a indiqué l'expert.

    Selon lui, la réaction de Moscou face au déploiement des forces armées américaines donnera d'autant plus de crédit à cet argument de la nécessité de protéger des pays baltes, sur fond de manœuvres russes, même si tout le monde se rend compte que la Russie ne s'emparera jamais de la région.

    « Ce genre de menaces inexistantes sont toujours créées pour justifier les dépenses militaires » poursuit l'expert, ajoutant que les haut fonctionnaires baltes ont été formés pour la plupart aux États-Unis après la chute de l'URSS et ont suivi une préparation politique appropriée.

    En outre, l'interlocuteur de Sputnik a cité Vladimir Poutine, qui avait rappelé qu'entre Moscou et Vladivostok il y avait 9 000 kilomètres et que la Russie avait d'autres projets que d'envahir les pays baltes.

    De plus, le transfert des 4 000 militaires et des 87 chars US vers l'Europe de l'Est via l'Allemagne et le bruit des bottes américaines semblent peu conformes à la législation locale. Toutes les manœuvres de sforces armées sur le territoire allemand sont effectuées non pas dans le cadre de l'Otan, mais conformément à l'accord bilatéral entre la Pologne et les États-Unis, d'après Jochen Scholz.

    « Cette situation suscite des questions sur l'aide logistique de la part de Berlin et notamment sur son aspect juridique, qui n'est prescrit que dans l'accord sur la création de l'Otan sans la moindre explication sur les éventuels cas particuliers. De plus, c'est tout le secteur logistique de la Bundeswehr qui est utilisé », a indiqué l'ex-militaire allemand, ajoutant que c'est bien l'Allemagne qui avait pris en charge l'opération d'envergure de Washington.

    L'Europe pourrait bien servir de pivot pour les États-Unis en cas de conflit dans la région. Cependant, cette fois-ci, Washington a choisi le port allemand de Bremerhaven en lieu et place de la ville polonaise de Gdansk comme point de chute.

    À Bremerhaven, les habitants locaux ont manifesté contre le débarquement des troupes de l'armée américaine. Les médias allemands, de leur côté, restent étrangement muets.

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    Tags:
    menaces, déploiement, contingent militaire, char, militaires américains, Bremerhaven, Bundeswehr (armée allemande), Sputnik, OTAN, Vladimir Poutine, Donald Trump, Jochen Scholz, Ashton Carter, Gdansk, Pologne, Washington, États-Unis, Berlin, Europe, Vladivostok, Russie, Moscou, URSS, Allemagne
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