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C’est la quatrième fois que le Congrès des USA remet à une autre date un vote ratifiant le protocole d’adhésion du Monténégro à l’Otan. La nouvelle administration de Donald Trump ferait-elle preuve de prudence ou les législateurs seraient-ils préoccupés par des affaires plus importantes ?

Alors que le parti au pouvoir au Monténégro fait tout son possible depuis mai 2016 pour rejoindre au plus vite l'Otan, il semble qu'il doive prendre son mal en patience, la question de l'adhésion ayant été une nouvelle fois reportée. 

Selon un avis du politologue de l'Université des sciences politiques de Belgrade Milan Krstic, il s'agit plutôt de prudence politique étant donné que le nouveau président américain M. Donald Trump a tout juste pris ses fonctions le 20 janvier 2017.

« Tout le monde attend que l'administration américaine soit formée. En plus, des sénateurs, qui sont aussi des républicains, peuvent émettre des doutes à ce sujet. Ils doivent tous se mettre d'accord et prendre une décision unanime concernant l'adhésion du Monténégro à l'Otan », a expliqué M. Krstic dans une interview exclusive accordée à Sputnik.

Cependant, malgré les craintes que certains pourraient avoir, le politologue pense que la ratification du protocole de l'adhésion du Monténégro à l'Otan n'est qu'une question du temps.

« Les États-Unis vont finir par ratifier le protocole [d'adhésion du Monténégro à l'Alliance, ndlr] car malgré tout mon respect ce pays joue un rôle modeste dans le système des relations internationales. Même si les États-Unis et la Russie devront chercher des compromis ils ne vont pas prendre le Monténégro en considération », précise-t-il avec certitude.
L'expert est convaincu que Washington fera tout son possible pour que l'adhésion du Monténégro ne touche pas pour autant les intérêts de la Russie en proposant, peut-être, des compromis sur des questions bien plus importantes comme l'Ukraine ou le Proche-Orient.

En même temps les sources de Sputnik qui sont au courant de la situation à Washington donnent une autre explication à ce sujet.

D'après ces sources, le retard du vote peut être également lié à une attente de la décision du nouveau président américain. Il ne faut pas négliger non plus le fait que M. Trump veuille, peut-être, avant de se lancer dans la politique extérieur, commencer par apporter des modifications dans le corps du Département d'État des États-Unis (DoS) en réduisant le nombre des démocrates qui y siègent, en tout cas pour l'instant, en majorité.

Quoi qu'il en soit un des leadeurs du mouvement monténégrin anti-Otan « La résistance du désespoir » Marko Milacic ne veut pas rester les bras croisés dans l'attente d'une décision de la Maison Blanche.

Il s'est déjà adressé aux représentants du Sénat américain avec une lettre leur demandant de « ne pas devenir complices d'une organisation criminelle » en faisant ainsi allusion au régime politique actuel du Monténégro, constamment au pouvoir depuis les années 1990.

Dans la lettre en question, le leader rebelle affirme que le document a été présenté au Sénat suite à un mensonge monstrueux des Monténégrins et que le processus d'adhésion du pays à l'Alliance n'est pas légitime.

Selon M. Milacic, l'intégration transatlantique du Monténégro fait partie des manipulations du pouvoir criminel et c'est une goutte dans la mer de la non-démocratie.

Ce militaire joint à sa lettre des résultats de tous les sondages « honnêtes » prouvant que « la majorité des citoyens monténégrins se proclame pour la neutralité du pays et pour la non-intervention dans les conflits globaux ».

« Le Monténégro ne veut pas intégrer des alliances militaires, ne veut pas se retrouver dans le viseur de qui que ce soit. Dans sa majorité les citoyens veulent s'intégrer à l'UE comme l'avaient fait des pays prospères comme Malte ou l'Autriche et pas dans l'Otan », affirme M. Milacic.

L'opposant monténégrin fait également appel aux représentants du Sénat américain en insistant sur le fait que ses compatriotes ne veulent pas devenir de la chair à canon.

Il finit sa pétition en posant des questions rhétoriques.

« Avez-vous besoin d'un pays qui ne sera jamais tolérant à l'encontre de l'Otan? Voulez-vous avoir à la table de l'Alliance un peuple qui ne vous pardonnera jamais les massacres de gens paisibles et d'enfants (…) Et finalement, voulez-vous vraiment compter parmi vous un pays dont le budget militaire ne pèse que 30 millions d'euros (moins que le prix d'un char Abrams), un pays avec une économie anéantie où vous allez jeter de l'argent comme dans un puits sans fond et d'où vont boire tous ces éléments criminels qui seront assis à la même table que vous pour prendre des décisions » — conclue M. Milacic.

Rappelons que les ministres des Affaires étrangères des 28 États membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord et le premier ministre monténégrin Milo Dukanovic ont signé en mai 2016 le protocole d'adhésion du Monténégro à l'Otan.

Ce document doit encore être entériné par le Sénat américain et les assemblées législatives des 28 autres États membres de l'Otan. Cependant cette décision prise par le gouvernement monténégrin fait l'objet de nombreux débats animés et agite le pays. Parmi les opposants les plus obstinés à l'intégration du Monténégro à l'Otan on trouve le leader du mouvement populaire « La résistance du désespoir » Marko Milacic, qui avait déjà été arrêté plusieurs fois par la police pour des manifestations anti-Otan.

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Tags:
Donald Trump, Monténégro, États-Unis
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