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Les autorités polonaises et lituaniennes ont commenté l’initiative présumée du président américain Donald Trump de relancer le programme de mesures supplémentaires d'interrogatoire en pays étranger, opposant leur veto à l’accueil de nouvelles prisons américaines sur leurs sols.

La Pologne et la Lituanie ont déclaré jeudi qu'elles ne permettraient pas aux États-Unis de déployer de nouvelles prisons secrètes sur leurs sols si le président Donald Trump choisissait de relancer l'ancien programme de la CIA qui prévoyait de détenir et d'interroger des suspects terroristes à l'étranger.

« De telles propositions n'existent pas et il est hors de question (de les accepter, ndlr). Ma réponse est non », a déclaré la première ministre polonaise Beata Szydlo aux journalistes qui lui ont demandé si le gouvernement du pays accepterait d'accueillir de telles prisons.

La ministre lituanienne des Affaires étrangères, Linas Linkevicius, a déclaré à Reuters que son pays était prêt à coopérer avec les États-Unis sur toutes les questions stratégiques, mais il a souligné qu'il fallait respecter les droits de l'homme.

« La torture des individus n'est pas possible, selon le droit international et le code de conduite. Pas seulement légalement mais aussi moralement », a exprimé M. Linkevicius.

« Je ne crois pas qu'un État civilisé doive utiliser de telles méthodes. Ce n'est pas seulement ma position personnelle, c'est la position de mon État », a-t-il ajouté.

Les deux pays de l'Europe de l'Est sont des alliés proches des États-Unis et avaient accueilli précédemment des « sites noirs », des prisons de la CIA, qui sont maintenant fermées. Le programme avait été initialement lancé par le président américain George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001 à New York dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme ».

De telles installations, où les techniques d'interrogatoire ont souvent été qualifiées de torture, étaient situées en Roumanie, en Thaïlande et en Afghanistan.

La Lituanie fait face à deux procès devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). Elle a été accusée d'avoir exploité un centre de détention secret sur son territoire il y a une dizaine d'années. Ce fait n'a jamais été reconnu par les autorités du pays.

Une enquête parlementaire menée en Lituanie en 2010 a révélé que le service de la sécurité d'État avait aidé la CIA à installer un site de détention dans un bâtiment à Vilnius, la capitale du pays. Mais les enquêteurs n'ont pas pu trouver de preuves que le bâtiment avait été utilisé comme une prison.

La CEDH a affirmé en 2014 que la CIA avait une prison secrète au milieu d'une forêt dans le nord de la Pologne qui a été surnommée « Quartz ». Ce fut la première fois qu'un tribunal européen a déclaré ouvertement que la CIA exploitait un de ses « sites noirs » en Europe.

Auparavant, les médias avaient diffusé un projet de décret du nouveau président américain qui permettait le recours à des mesures supplémentaires d'interrogatoire, y compris la simulation de noyade. Mais la Maison Blanche n'a pas confirmé l'existence de ce document.

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Tags:
prison, tortures, CIA, Beata Szydlo, Linas Linkevicius, Donald Trump, Lituanie, Pologne, États-Unis
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