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L’histoire de l’ex-chef du Service de renseignement criminel d’Équateur (SIC) Édgar Vaca, qui est mort aux États-Unis où il avait reçu l’asile politique, dévoile les particularités du système judiciaire américain, notamment l’attitude envers les demandes en provenance des pays d’Amérique latine.

Il s'appelait Édgar Vaca, il était chef du Service de renseignement criminel d'Équateur (SIC) dans les années 1980. Il est mort aux États-Unis où il s'était vu accordé l'asile politique. Toute cette histoire est non seulement sombre mais montre également le mépris américain à l'égard des structures judiciaires équatoriennes.

Accusé de la disparition de trois membres du groupe d'extrême gauche ¡Alfaro Vive, Carajo! (AVC) en 1985, l'ex-chef du SIC était au centre d'une affaire qui est restée pratiquement gelée pendant 28 ans. Mais tout a changé en 2013 : l'enquête a été relancée. Selon le journal El Telegrafo, c'est la première affaire de crime contre l'humanité qui a été saisie par la cour équatorienne.

Certains procès de l'époque, où l'ex-chef du SIC était accusé, sont restés pratiquement gelés pendant plusieurs décennies. Les enquêtes ont été relancées dans les années 2010, après le rapport d'une Commission de la vérité créée pour clarifier la situation sur les évènements des années 1980, explique le secrétaire exécutif du Comité permanent de défense des droits de l'homme de l'Équateur Billy Navarrete dans un commentaire pour Sputnik.

Le rapport de la Commission a révélé 118 cas sérieux de violations des droits de l'homme, concernant presque 500 victimes, lorsque Édgar Vaca occupait le poste de chef du SIC pendant la présidence de Léon Febres-Cordero.

« La Commission de la vérité qualifiait le SIC d'escadron de la mort. Non seulement des membres du groupe AVC, mais également des civils qui n'étaient pas liés à des activités politiques, ont été ses victimes. Le service était connu pour son recours systématique aux tortures dans les prisons », signale l'activiste.

Quand l'enquête sur les trois membres d'AVC disparus a été rouverte, l'ex-chef du SIC s'est dirigé vers les États-Unis prétendant avoir besoin d'un traitement. La demande équatorienne de l'extrader a été envoyée en 2015. L'année suivante, l'ex-chef du SIC a été arrêté mais rapidement libéré. Finalement, il a reçu l'asile politique aux États-Unis.

Selon M. Navarrete, l'asile politique octroyé à cet individu a fortement étonné les défenseurs des droits de l'homme équatoriens, à cause des nombreuses informations montrant la véracité des accusations.

« Ce n'est pas la première fois que des organes judiciaires (américains, ndlr) accordent un tel soutien à des individus qui sont liés à de graves violations des droits de l'homme en Équateur », indique l'activiste.

Quelle conclusion pourrait-on tirer de cette histoire ? Selon M. Navarrete, il semble que pour les États-Unis, les demandes des structures judiciaires des pays d'Amérique latine n'aient aucune importance.

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Tags:
asile politique, États-Unis, Equateur, Amérique latine
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