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Attaque chimique de Khan Cheikhoun (avril 2017) (97)
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Les propos d'Emmanuel Macron, qualifiant Assad d'«ennemi des Syriens», ne peuvent être qualifiés que comme une ingérence, a déclaré dans un commentaire à Sputnik la présidente de l'association Chrétiens de Syrie pour la paix, elle-même Syrienne, rappelant qu'il n'existait pas de preuve de l'implication de Damas dans l'attaque chimique.

« Notre ennemi, c'est Daech. […] L'ennemi du peuple syrien, c'est Bachar el-Assad », a déclaré mercredi le candidat d'En Marche! à la présidentielle Emmanuel Macron, commentant l'attaque chimique du 4 avril en Syrie. Or, comme le souligne Roueida Khoury, présidente de l'association Chrétiens de Syrie pour la paix, ce genre de déclaration est une « ingérence » dans les affaires du peuple syrien.

« Monsieur Macron devrait s'occuper de ce qui le regarde, ça s'appelle de l'ingérence de parler à la place du peuple syrien et de dire qui est son ennemi. Les ennemis des Syriens, ce sont ceux qui les tuent depuis six ans, c'est-à-dire les groupes terroristes islamistes. […] C'est au peuple syrien de dire qui est son ennemi. Bachar el-Assad ne peut pas être l'ennemi des Syriens puisqu'il est lui-même syrien », a-t-elle déclaré dans une interview à Sputnik.

Et de rappeler qu'Assad était le chef de l'État syrien, il qu'il essayait de mettre de l'ordre dans son pays.

« De la même façon que les Français étaient derrière François Hollande pour combattre le terrorisme, nous aussi les Syriens, nous sommes derrière notre Président sur ce sujet », a ajouté Mme Khoury.

Certes, l'attaque qu'a connue la province d'Idlib ne peut qu'être condamnée, souligne Mme Khouri. Mais il convient, selon elle, de rappeler que la province est majoritairement contrôlée par l'organisation terroriste Fatah al-Cham et il n'existe à ce jour aucune preuve du fait que c'est l'État syrien qui a effectué cette attaque chimique.

« Monsieur Macron ne peut pas se permettre de juger », a-t-elle souligné.

« Suite à cette attaque chimique, on voit une réaction imprévisible des Américains, qui se permettent de façon unilatérale d'attaquer en 48 heures une base aérienne […] dans un État souverain, sans l'aval de l'Onu, sans aucune discussion et sans aucune preuve. […] Cette frappe américaine favorise Daech, elle a permis à Daech de mener des attaques dans la région de Homs et à Palmyre », a encore déclaré Mme Khouri.

Le mardi 4 avril, la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution de Syrie a fait état de 80 morts et de 200 blessés dans une attaque chimique à Khan Cheikhoun, dans la province d'Idlib, imputant cette attaque aux forces gouvernementales syriennes. Le commandement de l'armée syrienne a rejeté les accusations et a rejeté la responsabilité sur les djihadistes et leurs protecteurs.

Suite à l'attaque chimique en question, le Président américain Donald Trump a ordonné une frappe ciblée contre la base aérienne syrienne de Shayrat. Vendredi matin, 59 missiles de croisière Tomahawk ont été tirés par les navires américains USS Porter et USS Ross, qui se trouvaient en Méditerranée, faisant des victimes, dont des civils, et causant d'importantes destructions.En réaction à l'attaque américaine, la Russie a suspendu son accord avec Washington sur la prévention des incidents et la sécurité des vols lors des opérations en Syrie, signé en octobre 2015 quelques semaines après le début de l'intervention russe dans le pays.

Le ministère russe de la Défense a pour sa part affirmé que les frappes américaines contre la base de Shayrat avaient été « planifiées depuis longtemps », l'attaque chimique de Khan Cheikhoun n'étant qu'un prétexte.

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Attaque chimique de Khan Cheikhoun (avril 2017) (97)

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Tags:
ingérence, Bachar el-Assad, Emmanuel Macron, Khan Cheikhoun, Idlib, Syrie
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