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Frappes US contre la base de Shayrat en Syrie (86)
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En ordonnant une frappe contre la base aérienne de Shayrat, en Syrie, le Président américain Donald Trump a entamé une ingérence militaire directe dans la crise syrienne qui risque de compromettre la lutte contre le terrorisme, a indiqué à Sputnik le colonel LE The Mau, expert politique et militaire vietnamien.

La décision du Président américain Donald Trump de lancer des missiles de croisière Tomahawk sur la base aérienne de Shayrat, en Syrie, n'avait pas été prise de manière soudaine en vue de punir Damas pour une attaque chimique contre l'« opposition », a estimé dans un entretien avec Sputnik le colonel vietnamien LE The Mau.

« Cette décision a été calculée bien à l'avance et constitue un élément de la stratégie américaine de poursuivre et d'accentuer son ingérence dans la crise en Syrie. Quel que soit le Président qui se trouve à la Maison-Blanche, l'objectif de Washington a toujours été et reste le renversement de Bachar el-Assad pour instaurer en Syrie un pouvoir qui garantisse les intérêts des États-Unis dans cette partie du monde extrêmement importante sur le plan géopolitique », a déclaré l'interlocuteur de l'agence.

Et d'ajouter que l'attaque balistique américaine contre la base aérienne syrienne allait se répercuter de façon négative tant sur la situation dans le monde que sur la lutte contre le terrorisme, notamment en Syrie.

« Tout en permettant à l'État islamique [Daech, ndlr] et aux autres groupes terroristes en Syrie de se regrouper et de se renforcer, cette démarche des États-Unis réduit à néant les six années d'efforts déployés par Damas dans la lutte contre le terrorisme », a souligné l'expert.

Il a rappelé à cette occasion l'« incident du Tonkin » d'août 1964, quand les Américains avaient utilisé une prétendue attaque de la Marine vietnamienne contre leurs navires pour déclencher la guerre du Vietnam, qu'ils ont finalement perdue.

« En 1999, le Président Clinton a lancé une agression contre la Yougoslavie pour "protéger les droits des Albanais kosovars opprimés par Milosevic". En 2001, le Président Bush a organisé une opération en Afghanistan pour "combattre le terrorisme", et en 2003, il a envahi l'Irak en avançant le mythe de la présence d'armes chimiques dans ce pays. En 2011, le prix Nobel de la paix, le Président Obama, a déclenché une guerre en Libye pour "instaurer une zone d'exclusion aérienne avant de s'engager par la suite dans la guerre en Syrie pour "combattre le terrorisme" », a énuméré l'interlocuteur de Sputnik.

Il a signalé qu'à peine arrivé au pouvoir, Donald Trump avait agressé la Syrie, prétendant que « les troupes syriennes auraient usé d'armes chimiques contre l'opposition », alors que Moscou avait déclaré que l'armée syrienne avait, au contraire, détruit un entrepôt d'armes chimiques des terroristes.

« Le Président russe Vladimir Poutine a qualifié la démarche des États-Unis d'agression contre un État souverain et de violation des normes du droit international, et je suis tout à fait d'accord avec lui », a conclu LE The Mau.

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Tags:
base aérienne, attaque, guerre, présidence américaine, Sputnik, Etat islamique, LE The Mau, George Bush (George H.W.Bush), Slobodan Milosevic, Bill Clinton, Vladimir Poutine, Barack Obama, golfe du Tonkin, Vietnam, Afghanistan, Proche-Orient, Yougoslavie, Syrie, États-Unis
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