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    Corée du Nord : qui a peur de Donald Trump?

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    Les États-Unis durcissent le ton face au programme nucléaire de Pyongyang: «La Corée du Nord ferait mieux de ne pas mettre notre détermination à l’épreuve» : jusqu'où iront-ils?

    Jusqu'où iront les gesticulations de Trump et la propagande nord-coréenne? Lundi, le président américain Donald Trump a conseillé au dirigeant Kim Jong-un de « bien se tenir ». Le régime nord-coréen, lui, assure qu'il répondra « à une guerre totale par une guerre totale ». Ce week-end, entre tweest assassins et manœuvres militaires, les tensions entre les deux pays ont de nouveau pris des allures de guerre froide… Et ce n'est qu'un début: « Entre les propos outranciers de la Corée du Nord et celui de plus en plus menaçant de l'administration Trump, on va sûrement atteindre des pics de tension réguliers », estime Olivier Guillard, spécialiste de l'Asie et chercheur à l'IRIS.

    « Ça donne le ton de la relation bilatérale à venir. Ça n'est certainement pas suffisant pour amener les Nord-Coréens à cesser leur programme, moins encore à dénucléariser, et moins encore à s'ouvrir à une fusion ou réunification pacifique entre les deux Corées. »

    L'origine de ce regain de tension: un nouveau tir de missile (raté), effectué à partir de la Corée du Nord, dans la nuit de samedi à dimanche. Une date qui n'est pas anodine, car elle coïncide avec l'arrivée du vice-président américain Mike Pence dans la région. Qu'ils aient été concluants ou non, une cinquantaine d'essais ont été effectués depuis que Kim Jong-un est à la tête du pays. Même si les États-Unis durcissent le ton, la Corée du Nord n'a aucune raison de s'arrêter en si bon chemin.

    « A la télévision, Kim Jong-un applaudissait, rigolait… ce n'est pas l'attitude de quelqu'un qui est transi de peur par les propos de la nouvelle administration américaine. Cette façon de gérer ou d'appréhender le dossier nord-coréen par l'administration Trump ne va pas pour autant faire bouger l'axe. »

    Evénement symbolique oblige, la Corée du Nord a fait étalage de sa puissance samedi 16 avril, à l'occasion du 105e anniversaire du fondateur de la Corée du Nord, Kim Il-sung. Pendant le défilé militaire, des missiles derniers cri, probablement à l'état de développement: si la véritable capacité militaire Pyongyang est difficile à mesurer, Konstantin Sivkov, président de l'Académie des problèmes géopolitiques et docteur en sciences militaires, estime que le pays ne mettrait que 5 à 6 ans pour construire un missile capable d'atteindre les USA.

    « Je relisais des propos de certains spécialistes américains en 2012, quand on leur disait que la Corée du Nord aimerait à court terme disposer de capacités balistiques intercontinentales pour atteindre le territoire américain, une bonne partie des spécialistes n'y croyait pas. Mais aujourd'hui, le moindre essai nucléaire ou la moindre démonstration, militaire ou pour le public, ne fait plus rire les Américains. »

    Après une visite très symbolique de la zone démilitarisée (DMZ) intercoréenne, M. Pence a adressé un avertissement ferme: « Ces deux dernières semaines, le monde a été le témoin de la puissance et de la détermination de notre nouveau président au cours d'opérations menées en Syrie et en Afghanistan ». Il a réitéré l'engagement de son pays à assurer la sécurité du Japon, qui se prépare à envoyer des soldats dans la péninsule coréenne pour y protéger ses ressortissants: une première depuis la Seconde Guerre mondiale.

    En cas d'invasion ou de tentative de renversement du régime, le Japon et la Corée du Sud, qui hébergent 80 000 soldats américains, sont des cibles prioritaires. Une menace bien crédible qui empêche toute frappe de la part des États-Unis:
    « Les Américains savent très bien que s'ils réalisaient une frappe préventive, quelle que soit la cible en Corée du Nord, les conséquences pourraient être d'un tel emballement que le niveau de risque est inacceptable, parce que beaucoup trop élevé. Donc la Corée du Nord joue là-dessus. »

    Malgré la surenchère et le développement de l'attirail nord-coréen, aucun des deux pays ne prendra le risque de frapper le premier. Ce qui est sûr c'est que « les Nord-Coréens doivent prendre en compte, c'est que le nouveau locataire de la Maison-Blanche est certainement plus déterminé et plus axé sur l'intimidation que la diplomatie. »

    Pourtant, une autre date-clé approche et avec elle la promesse d'un nouvel essai de tir: le 25 avril, soit le 85e anniversaire de l'Armée populaire de Corée. Ce même jour où Donald Trump a annoncé le déploiement de trois navires lance-missiles et des sous-marins pour des manœuvres navales avec la marine coréenne en mer de l'Est.

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    Tags:
    propagande, guerre froide, Mike Pence, Donald Trump, Kim Il-sung, Kim Jong-un, Corée du Nord, Corée du Sud
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