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    Référendum en Turquie

    Sarajevo se félicite de la victoire d’Erdogan. Pourquoi?

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    Les rues de Sarajevo sont en liesse suite à la victoire au référendum du Président turc Recep Tayyip Erdogan, beaucoup estimant sans doute que son succès est également celui des Bosniaques, une thèse qui ne fait pas l’unanimité chez les experts serbes qui s’expriment dans un entretien avec Sputnik.

    La victoire au référendum du Président turc Recep Tayyip Erdogan a été saluée à Sarajevo, et le président du Parti de l'action démocratique Bakir Izetbegovic, membre de la présidence collégiale de Bosnie-Herzégovine, s'est dit persuadé de l'impact positif du succès de l'homme fort du Bosphore pour son propre pays, avis qui n'est toutefois pas partagé par les experts interviewés par Sputnik.

    « Je pense qu'il faut attendre un peu pour voir si la Turquie aura suffisamment de forces pour se rapprocher à nouveau des Balkans.Ankara aura à relever de sérieux défis, et la situation économique de la Turquie a bien changé. C'est pourquoi je ne pense pas que le pays élargisse dans l'immédiat sa présence dans les Balkans », a déclaré à l'agence l'ancien diplomate serbe Srecko Djukic.

    Et d'ajouter que la Turquie s'occuperait avant tout de ses propres problèmes.

    Or, le politologue serbe Srdja Trifkovic n'est pas du tout de cet avis, rappelant que, dès le début de sa carrière, Recep Tayyip Erdogan avait invariablement soutenu tous ceux dans les Balkans qu'il classait parmi les continuateurs de la « tradition ottomane ». Qui plus est, le Président turc a même déclaré que l'ancien leadeur des musulmans bosniaque Alija Izetbegovic lui avait laissé la Bosnie en héritage.

    « Les musulmans de Serbie et de Bosnie ont toutes les raisons de se féliciter de la victoire d'Erdogan. Ils espèrent que suite au référendum le Président turc sera plus actif dans la réalisation de ses ambitions dans les Balkans. Je pense qu'il en sera ainsi, le Président turc n'ayant plus d'engagements avec l'Union européenne et les États-Unis, avec lesquels ses relations se sont détériorées suite à la tentative de coup d'État en Turquie », a relevé cet interlocuteur de Sputnik.

    Selon lui, on pourrait même s'attendre à la poursuite de la stratégie « néo-ottomane » d'Ankara qui regarde vers trois directions, à savoir le Caucase, le Proche-Orient et les Balkans.

    « Des félicitations à l'adresse d'Erdogan ne tarderont sans doute pas non plus à venir du Kosovo, de l'Albanie et de la Macédoine occidentale, car les Albanais sont incontestablement pour lui ses principaux alliés et partenaires sur la voie du renforcement de la présence stratégique turque dans la région », a conclu M. Trifkovic.

    Lors du référendum constitutionnel tenu en Turquie dimanche dernier, 51,4 % des citoyens ont soutenu le renforcement des pouvoirs présidentiels dans le pays après le dépouillement de 99,97 % des bulletins électoraux.

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    Tags:
    tentative, coup d'Etat, héritage, victoire, musulmans, président, référendum, référendum constitutionnel en Turquie (2017), Union européenne (UE), Parti pour l'action démocratique (Serbie), Sputnik, Alija Izetbegovic, Srdja Trifkovic, Srecko Djukic, Recep Tayyip Erdogan, Bakir Izetbegovic, Balkans, États-Unis, Ankara, Turquie, Bosnie-Herzégovine
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