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    «Pour Macron, le Kosovo est la Serbie lorsque cela l’arrange»

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    «Les Français ont reconnu une partie de la Serbie, le Kosovo, comme un quasi-État mais quand les problèmes viennent de là, ils pointent la Serbie du doigt!»: tandis que le trafic d’armes vers les pays européens provient du Kosovo, Paris accuse constamment la Serbie, estime l’expert de Sputnik, en expliquant la nature des trafics d’armes en Europe.

    La série d'attentats en France, exécutés avec des armes en provenance des Balkans, ont conduit au fait qu'Emmanuel Macron commence à pointer du doigt la Serbie, en demandant plus de contrôle sur les armes légères dans la région. Cependant, Macron a oublié une chose, prévient l'analyste serbe de Sputnik, Brankica Ristic, dans son article «Pour Macron, le Kosovo est la Serbie lorsque cela l'arrange».

    Selon les médias français, un tiers des trafiquants d'armes ont des passeports serbes. Toutefois, précise l'auteur, cela ne signifie pas qu'ils sont Serbes par nationalité, la plupart d'entre eux étant des Albanais du Kosovo. La première étape sur le chemin du trafic est la France, suivie par le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Irlande et les Pays-Bas.

    Mais ce n'est pas nouveau. L'an dernier, l'Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures (Frontex) a mis en garde contre les dangers de la contrebande d'armes en provenance des Balkans. Son rapport indique que l'achat de «Kalachnikov» et d'obus est devenu très facile, d'autant que l'ampleur du trafic d'armes en provenance des Balkans a augmenté en raison de la crise migratoire. Près de 25 millions d'habitants des Balkans occidentaux détiennent chez eux entre 3,6 et 6,2 millions d'armes à feu, a annoncé l'AFP en se référant à un rapport de 2014.

    L'auteur tient à rappeler une «chose oubliée délibérément ou accidentellement» par l'Occident: la plus grande partie des armes a été livrée dans les Balkans par des pays occidentaux pendant la guerre de Yougoslavie. Ainsi, 60 conteneurs remplis d'armes ont miraculeusement fait leur apparition pour la seule Slovénie. Plus tard, ces armes ont été transférées sur le territoire croate, puis en Bosnie-Herzégovine, et finalement sont tombées entre les mains de terroristes de l'UCK (Armée de libération du Kosovo) au Kosovo et en Metokhiya. Il s'agit de plus de 15.000 fusils d'assaut automatiques avec plusieurs millions de munitions, de 3.000 lance-roquettes, de 26.800 fusils avec 13 millions de balles, de 40.000 armes légères, de 174.000 grenades à main, de 32.000 mines, de 38 tonnes d'explosifs, de 200.000 armes lourdes… et la liste n'est pas complète.

    «Par ailleurs, il convient de noter que la plupart des trafiquants d'armes illégales sont des Albanais du Kosovo qui ont la nationalité serbe. Le clan le plus puissant, qui s'occupe du trafic d'armes sur les bateaux de navigation fluviale est le clan Haradinaj», souligne Mme Ristic.

    L'expert serbe en sécurité Milan Mijalkovski apprécie la coopération de Belgrade et de Paris pour la prévention du commerce illégal d'armes, mais il ne pense pas que la Serbie centrale est le principal fournisseur d'armes aux terroristes potentiels en France.

    Selon lui, les armes des Balkans arriveraient de toutes les directions et sous le contrôle de plusieurs pays occidentaux. Outre les armes, les bénévoles arrivaient là pour se battre aux côtés de l'UCK, y compris des Français. M.Mijalkovski a exprimé sa surprise qu'après tant d'années, le Président Macron oublie le rôle des Français dans ces hostilités.

    «Macron devrait d'abord réexaminer la décision de la France de reconnaître le Kosovo, parce que les principaux trafiquants d'armes viennent principalement de la région du faux État du Kosovo. Les Français ont reconnu une partie de la Serbie comme un quasi-État et quand les problèmes viennent de là, ils pointent la Serbie du doigt! Permettez-nous d'abord de rétablir l'autorité au Kosovo, et puis laissez-nous les dénoncer», a déclaré l'interlocuteur de Sputnik.

    M.Mijalkovski note même que toute l'histoire de Macron sur ce sujet n'est que du «marketing» parce que sa voie politique «ne fleurit pas comme prévu».

    Le journal International Business Times a déjà fait remarquer que la contrebande d'armes du Kosovo était omniprésente. Le quotidien a cité un trafiquant du Kosovo qui a déclaré en 2007 que l'on pouvait acheter une kalachnikov de fabrication chinoise pour seulement 250 euros dans sa ville et pour 50 euros en Albanie voisine. Les médias ont rapporté que cinq citoyens de Bosnie-Herzégovine, avec un Français, ont été arrêtés à Paris en avril 2013 pour suspicion de trafic d'armes. En outre, en collaboration avec les agences de sécurité françaises, les membres de l'Agence d'investigation et de protection de la Bosnie (SIPA) ont mené des perquisitions chez des fournisseurs d'armes en France.

    Selon les données d'Interpol, l'activité criminelle au Kosovo est contrôlée par 30 clans familiaux albanais, qui opèrent à travers l'Europe. En plus du trafic d'armes, ils s'occupent du trafic de drogue.

    Des enquêtes policières montrent que ces clans sont notamment puissants en Allemagne, en Suisse, en Slovaquie, en République tchèque, en Belgique et dans les pays scandinaves, c'est-à-dire dans les pays où séjournent le plus grand nombre d'immigrants albanais du Kosovo. En France, le clan le plus actif est celui de Gachi. Il a des liens étroits avec des groupes criminels turcs, albanais, bulgares, serbes et italiens afin de trafiquer de la drogue, des armes et des produits soumis à autorisation.

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    Tags:
    trafic d'armes, Emmanuel Macron, Kosovo, Serbie
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