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    les manœuvres américano-géorgiennes conjointes

    Les chars américains sont toujours en Géorgie: août 2008 n'a pas servi de leçon

    © Sputnik. Alexander Imedashvili, STF
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    L'opération militaire géorgienne visant à détruire la république indépendante d'Ossétie du Sud a été lancée il y a neuf ans jour pour jour. Les autorités de Tbilissi prévoyaient ensuite une offensive contre l'Abkhazie.

    Dans la nuit du 7 au 8 août 2008, les militaires géorgiens ont massivement bombardé (en utilisant, entre autres, des armes à sous-munitions) Tskhinval, capitale de l'Ossétie du Sud, et les positions des casques bleus russes, après quoi des unités des forces spéciales et des chars géorgiens sont entrés sur le territoire de l'Ossétie du Sud.

    L'invasion avait été minutieusement préparée et travaillée pendant les manœuvres américano-géorgiennes conjointes. Kiev a fourni à Tbilissi des systèmes antiaériens Bouk et Tor avec du personnel ukrainien, sans compter l'aide des spécialistes israéliens de Tsahal. En août 2008, les États-Unis ont organisé d'urgence un pont aérien permettant d'acheminer des armes et des munitions de Jordanie en Géorgie.

    Le 8 août, le président russe a pris la décision de lancer une opération pour contraindre la Géorgie à la paix, ce qui s'est soldé par la signature d'un accord de paix quadrilatéral et la reconnaissance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie comme des États indépendants par Moscou. La Géorgie a rompu les relations diplomatiques avec la Russie.

    Neuf ans plus tard, les forces géorgiennes continuent de participer à des exercices conjoints avec les USA et l'Otan. Des chars américains Abrams et des véhicules de combat Bradley sillonnent le polygone de Vaziani près de Tbilissi. Le ministère géorgien de la Défense signale que l'objectif des manœuvres Noble Partner 2017 consiste à renforcer la capacité défensive du pays et à accroître la compatibilité de l'armée géorgienne avec les troupes des membres et des partenaires de l'Otan. Ces manœuvres impliquent près de 2.800 militaires géorgiens, américains, britanniques, allemands, ukrainiens, arméniens, slovènes et turcs. Le président Gueorgui Margvelachvili évoque régulièrement les «relations particulières» entre la Géorgie et l'Otan et l'éventualité que l'intégration du pays à l'Alliance passe à la vitesse supérieure. Cette question est également évoquée au Congrès américain.

    Peut-être que la Géorgie apprécie son rôle de punching ball, mais quoi qu'il en soit la poursuite d'un tel partenariat avec les USA et l'Otan mène la région vers l'instabilité. Août 2008 n'a visiblement pas servi de leçon.

    La 58e armée russe rappelle et réagit

    La responsabilité d'une éventuelle aggravation de la situation à la frontière entre l'Ossétie du Sud et la Géorgie repose sur Tbilissi, Bruxelles et Washington. Sachant que la 58e armée russe réagit traditionnellement à l'activité militaire suspecte des États voisins par des manœuvres et des entraînements. Impossible de faire autrement.

    La nature du partenariat américano-géorgien a été entièrement dévoilée par les événements d'août 2008, quand des unités géorgiennes créées, formées et armées selon les normes otaniennes ont envahi l'Ossétie du Sud pour installer un avant-poste de l'Otan dans le Sud du Caucase. Cependant, ces calculs se sont avérés erronés et les forces géorgiennes, abandonnant leurs armes et leur matériel, ont fui en panique de Tskhinval jusqu'à Tbilissi, face à un ennemi en nombre égal.

    Les forces armées géorgiennes — 20.000 hommes — ont été activement créées de 2004 à 2008 avec l'aide des USA et de l'Otan pour la somme de 2 milliards de dollars, et elles ont perfectionné leurs compétences en Irak. L'Alliance a élaboré pour la Géorgie le concept d'activités militaires en montagne — qui fut un échec. «L'établissement de l'ordre constitutionnel» sur le territoire sud-ossète a été pensé à plusieurs coups d'avance par l'élaboration de nouveaux coups tactiques ou encore la création de positions de tir dissimulées sur les sommets surplombant la route transcaucasienne A164 (les forces spéciales russes ont rapidement délogé ces «nids d'aigles»).

    Ces 2 milliards de dollars ont été dépensés en vain. Les tâches militaro-stratégiques et géopolitiques du partenariat militaire américano-géorgien n'ont pas été remplies. L'influence de la Russie dans le Caucase a grandi. The American Interest constate que «la guerre en Géorgie et la crise financière ont porté un double coup qui a foncièrement changé la disposition des forces dans le Caucase au détriment de l'Occident.»

    Une base de l'Otan ou un camp de réfugiés

    Malgré tout, la Géorgie accuse périodiquement la Russie de porter atteinte à sa souveraineté, aspire à rejoindre l'Otan et continue de revendiquer l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud en renonçant au principe de non-usage de la force. Pour compenser le potentiel des intentions géorgiennes, des bases militaires russes ont été déployées en Abkhazie et en Ossétie du Sud dans le cadre d'accords bilatéraux. Aujourd'hui, des garde-frontières russes contribuent à la protection des frontières de ces républiques indépendantes avec la Géorgie.

    Le remue-ménage de l'Otan dans le Caucase est trop suspect. A court terme, l'Alliance ne semble pas avoir l'intention de déployer une base de garde côtière dans le port géorgien de Poti, mais tout pays membre de l'Otan peut le faire à titre individuel. L'Alliance n'a pas l'intention de dialoguer avec la Russie sur le sort de la Géorgie. En parallèle, l'UE étudie la possibilité de mettre en place dans ce pays un centre d'accueil de réfugiés du Moyen-Orient.

    D'une manière ou d'une autre, Tbilissi devra payer son régime sans visa et sa ligne pro-occidentale. Cependant, les projets d'installation de bases militaires étrangères ou de camps de migrants en Géorgie menacent la sécurité nationale de la Russie. Et, sans surprise, la réaction de Moscou sera négative.

    Après de nombreuses années de loyaux services aux intérêts des autres, la Géorgie n'a pas mérité le respect de ses partenaires supérieurs. Parfois, Tbilissi est simplement rudoyé. La Géorgie a ainsi reçu pratiquement en même temps deux remarques d'autres pays: le ministre iranien des Affaires étrangères a exprimé son mécontentement suite à l'exigence de retirer le hidjab en passant le contrôle frontalier à l'aéroport de Tbilissi, alors que l'ambassade de Turquie a demandé de ne pas faire du 12 août un jour férié (en commémoration de la bataille de Didgori) car cette fête est liée à la défaite des Turcs dans la bataille. La réaction géorgienne a été serviable.

    En parlant de batailles, notons que les Géorgiens se considèrent comme le plus grand groupe de «légion étrangère» du côté de l'armée ukrainienne dans le Donbass. Ils y combattent depuis avril 2014 en pensant être unis par un ennemi commun: les Russes. Les «légionnaires» géorgiens rappellent que pendant la guerre en Abkhazie, des Ukrainiens ont également combattu de leur côté. Les documents rendus publics par le ministère russe de la Défense indiquent que c'est avant tout les peuples de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie qui avaient besoin de protection.

    Et pour terminer. Si dans la Caucase la Géorgie, les USA et leurs alliés ne tenaient pas compte des intérêts de la Russie, de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, cela ne mènerait à rien de bon pour aucun de «nobles partenaires».

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    Tags:
    armes, guerre, Abkhazie, Ossétie du Sud, Géorgie
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