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    Epidémie de choléra au Yémen

    Le blocus médiatique tue plus de Yéménites que le choléra

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    Situation au Yémen (2017) (67)
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    L’absence d’envoyés spéciaux sur place empêche les médias européens et américains de bien couvrir l’évolution de la crise au Yémen où le choléra a déjà fait près de 1.900 morts. La catastrophe humanitaire qui frappe ce pays ravagé par la guerre civile passe inaperçue, selon les experts interrogés par Sputnik qui dénoncent ce blocus médiatique.

    L'accès aux informations est très limité au Yémen ce qui rend presque impossible une couverture objective de la situation dans ce pays, ont déclaré à Sputnik Mohammad Khodadi, directeur général de l'agence d'information iranienne IRNA, et Hassan Hanizade, analyste politique iranien, expert du Proche-Orient et ancien rédacteur en chef de l'agence Mehr News.

    «La crise yéménite est une crise étonnante au niveau mondial. On dirait que le monde teste une nouvelle méthode de traiter un peuple innocent. Nous sommes retournés au Moyen-Âge. Le Yémen s'est retrouvé prisonnier d'un blocus», a indiqué Mohammad Khodadi.

    Selon lui, il s'agit d'un blocus qui viole toutes les normes internationales.

    «S'ils pouvaient nous priver d'oxygène, ils le feraient. Ils ont déjà interdit à un avion de l'Onu transportant des médicaments de se poser au Yémen […]. Tous les pays occidentaux affirment être épris de liberté […]. Les puissances mondiales ont privé le peuple yéménite de tout, mais du droit à la vie. Et ce sont les pays développés du XXIème siècle, qui adoptent des lois sur la protection des animaux. Mais aucune loi ne les empêche d'anéantir un peuple qui combat le choléra», a indiqué M.Khodadi.

    Le ministre yéménite de la Santé Nasir Ba'oum a annoncé le 5 août dernier qu'entre avril et la fin juillet le choléra avait fait 1.890 morts dans son pays ravagé par la guerre civile.

    D'après le responsable, l'agence IRNA n'a pas réussi à ouvrir un bureau au Yémen où il n'y a «pas d'électricité ni de télécommunications». Ses seules sources d'informations sont donc des habitants de ce pays qui font parvenir leurs témoignages à l'étranger par leurs propres moyens.

    «Nous ne pouvons pas y envoyer de correspondant […]. Malgré toutes ces difficultés, nous essayons d'informer le monde entier de la situation des civils au Yémen», a-t-il noté.

    Selon Hassan Hanizade, analyste politique iranien, le Yémen est au centre d'un blocus organisé par l'Arabie saoudite.

    «L'Iran a entrepris plusieurs tentatives pour acheminer de l'aide alimentaire et médicale au peuple assiégé par l'Arabie saoudite. Ce pays ne cesse d'attaquer le Yémen. L'Iran a également essayé d'envoyer de l'aide humanitaire et médicale au Yémen par l'intermédiaire du Comité international du Croissant-Rouge (CICR), mais l'Arabie a déjoué cette tentative», a indiqué M.Hanizade.

    Selon les experts iraniens, «les médias iraniens n'arrivent pas à bien couvrir les événements tragiques au Yémen et les médias occidentaux sont donc la source principale d'informations sur ce pays».

    Dossier:
    Situation au Yémen (2017) (67)

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    blocus, choléra, Hassan Hanizadeh, Mohammad Khodadi, Arabie Saoudite, Yémen
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