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Le navire-hôpital de la marine chinoise «Arche de paix» a entamé début-août sa sixième mission humanitaire et médicale dans les pays d’Asie de Sud, du Proche-Orient et d’Afrique de l’Est, ce qui montre que la Chine a inclus une diplomatie maritime dans son initiative «Une ceinture, une route», a déclaré à Sputnik l’expert russe Alexeï Maslov.

La participation de la marine à la mission «Arche de paix» rappelle que la Chine possède aussi une puissance dure, bien que des décennies durant, elle n'ait misé exclusivement que sur le «soft power», a estimé dans un entretien avec Sputnik le directeur de l'École d'études orientales du Haut collège d'économie de Moscou, Alexeï Maslov.

«La tournée humanitaire et médicale «Arche de paix» montre que la Chine a inclus une diplomatie maritime dans son initiative «Une ceinture, une route». Il s'agit justement de la composante maritime du projet, car la Chine, qui est une grande puissance militaire et économique, a été souvent critiquée par le passé pour son absence sur les mers et océans», a rappelé l'interlocuteur de l'agence.

Et d'ajouter que Pékin préparait de toute évidence un notable élargissement de sa présence sur des bases navales, notamment en océan Indien et au Proche-Orient.

«La Chine cherche à louer des bases navales à long terme et à titre exclusif. Son installation sur celle de Djibouti est la première démarche en ce sens. […] Cela est extrêmement important pour la Chine dans l'optique de renforcer sa sécurité maritime et de sécuriser le transport de ses marchandises», a relevé M.Maslov.

Selon ce dernier, par les missions de ses navires-hôpitaux, la Chine cherche à banaliser sa présence dans les mers et océans et à accréditer aux yeux de l'opinion mondiale l'idée qu'elle est aussi une puissance maritime.

«Tout cela se produit sur fond de sérieuse confrontation maritime entre la Chine et les États-Unis. Aussi, est-il très important pour Pékin d'avoir des bases navales le plus près possible des côtes américaines. Et c'est en cela que consiste incontestablement la raison essentielle des longues traversées entreprises par les navires chinois», a résumé l'interlocuteur de Sputnik.

Le 1er août dernier, la Chine a inauguré à Djibouti sa première base logistique à l'étranger, événement qui témoigne de la ferme détermination de Pékin à défendre ses intérêts nationaux et qui constitue un élément important des célébrations du 90e anniversaire de l'Armée populaire de libération (APL).

Selon Washington, la base chinoise de Djibouti «reflète et amplifie l'influence croissante de la Chine, qui augmente la portée de ses forces armées», mais Pékin rejette ces allégations, soulignant qu'il ne recherche en aucun cas l'expansion militaire et qu'il ne se soucie que du maintien de la paix dans le monde. Selon la Chine, sa présence militaire a pour seul objectif de mieux assurer la sûreté et la sécurité maritimes dans la région.

Conçu et construit par la Chine, le navire-hôpital «Arche de paix» pèse plus de 10.000 tonnes et a à son bord 300 lits, 8 salles d'opération, des équipements et du matériel aux normes d'un établissement médical de niveau tertiaire. C'est une plateforme chinoise de dernière génération, spécialisée dans les secours médicaux en mer.

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Tags:
Chine, Pékin, États-Unis, Washington, Djibouti, Proche-Orient, océan Indien, Alexeï Maslov, Sputnik, Armée populaire de libération (APL) chinoise, navires, marine, soft power, base navale, sécurité
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