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    La France achète-t-elle aux migrants des billets retour?

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    Crise migratoire (785)
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    La somme versée aux migrants clandestins par l’Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) passera de 1.000 à 2.500 euros afin de favoriser les retours volontaires dans leur pays d’origine. François Guennoc, vice-président de l’association L’auberge des migrants, commente la situation pour Sputnik.

    La prime au retour volontaire est de nouveau portée par le ministre français de l'Intérieur, Gérard Colomb, de 1.000 à 2.500 euros afin d'inciter les migrants à rentrer dans leur pays d'origine, mesure qui ne permet évidemment de résoudre qu'une toute petite partie de la crise migratoire, a estimé le vice-président de l’association L’auberge des migrants, François Guennoc, dans un entretien accordé à Sputnik.

    «Certains repartent parce qu'ils sont déçus de l'accueil en Europe, d'autres parce que la situation s'est améliorée dans leur propre pays, d'autres encore parce qu'ils sont usés par la route et découragés. Ça s'est déjà produit dans le camp de Calais, avant son démantèlement, à l'automne 2016 à peu près 20-30 Afghans par semaine, un peu de Pakistanais aussi, acceptaient de repartir», a raconté l'interlocuteur de l'agence.

    Les employés de l'OFII abordent les migrants dans la rue, et s'ils arrivent à persuader quelqu'un, ils l'aident à remplir les formalités de départ et lui versent 2.500 euros à l'aéroport ou à son arrivée dans son pays d'origine. Cette somme, majorée de manière exceptionnelle, pourra être touchée jusqu'à la fin de l'année 2017.

    «Il y a près de 80.000 demandes d'asile auprès de l'OFII. Ainsi, le retour représente près de 5% des cas. C'est un petit effort, mais c'est bien. Les 2.500 euros permettent aux migrants de ne pas rentrer les mains vides et peut-être démarrer même une activité dans leur pays», a poursuivi M.Guennoc.

    Selon ce dernier, il n'est toutefois pas à exclure que les personnes qui ont eu leurs papiers en Italie, arrivées en France demandent l'aide au retour et reviennent en Italie avec leurs papiers.

    «La France ne met pas en place un dispositif d'accueil, ni de protection suffisant, ni pour les adultes, ni pour les mineurs. Et ce n'est pas cette petite mesure qui permettra de dire que le problème de l'accueil des migrants en France est résolu», a constaté le militant.

    Et de conclure que, vu le coût du voyage d'Afghanistan en France qui variait de 1.000 à 5.000 euros, personne ne partirait volontairement pour toucher 2.500 euros.

    En règle générale, un étranger en situation irrégulière en France peut demander une aide financière et matérielle pour retourner volontairement dans son pays. Ainsi, l'aide au retour volontaire (ARV) est une somme d'argent dont peut bénéficier un clandestin étranger qui quitte volontairement la France pour rentrer dans son pays d'origine.

    Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a décidé, par un arrêté du 25 juillet, «d'accroître le montant de l'allocation forfaitaire majorée d'aide au retour pour les ressortissants des États tiers à l'Union européenne soumis à visa». De telles mesures incitatives avaient déjà été prises par le passé, notamment dans les années 2000, lorsque Nicolas Sarkozy était ministre de l'Intérieur.

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    Gérard Collomb, retour, pays, ministre, migrants, Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), Sputnik, Union européenne (UE), François Guennoc, Nicolas Sarkozy, Calais, Italie, France
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