Ecoutez Radio Sputnik
    Manuel Angel Sastre, journaliste espagnol

    «La liberté d’expression bafouée en Ukraine»

    © AP Photo / Pool Moncloa
    International
    URL courte
    7116
    S'abonner

    Deux journalistes espagnols indépendants, Antonio Pampliega et Manuel Angel Sastre, ont été expulsés d'Ukraine en raison de leurs «activités anti-ukrainiennes». Manuel Angel Sastre évoque la situation dans un entretien accordé à Sputnik.

    Antonio Pampliega et Manuel Angel Sastre, journalistes espagnols indépendants couvrant le conflit dans l'est de l'Ukraine, ont été interceptés le 24 août dernier par les forces de l'ordre ukrainiennes à leur arrivée à l'aéroport de Kiev.

    «Cela a été une grande surprise pour nous. […] On nous a dit que nous représentions une menace pour la sécurité nationale. On nous a confisqué nos passeports et, après 20 heures de détention à Kiev, un soldat est arrivé et nous a placés dans un avion, sans explications", a raconté à Sputnik Manuel Angel Sastre.

    Ainsi, ces deux journalistes ont été interpellés et expulsés d'Ukraine sans autre forme de procès, le Service de sécurité d'Ukraine (SBU) évoquant leur couverture du conflit dans l'Est de l'Ukraine.

    «Je pense que la liberté d'expression est bafouée en Ukraine. J'y suis venu en provenance du Venezuela après une année de captivité en Syrie. Les frontières de la Turquie et du Qatar me sont fermées. Je suis familier des méthodes des États autoritaires qui bafouent la liberté de la presse et vous chasse du pays ou ne vous laisse tout simplement pas y entrer. C'est ce qui se passe maintenant en Ukraine», a estimé l'interlocuteur de l'agence.

    Selon ce dernier, ce n'est pas un pays où les journalistes peuvent se sentir en sécurité.

    «Je voudrais que mon gouvernement prenne des mesures contre l'Ukraine qui se considère comme un pays européen et aspire à adhérer à l'Union européenne, mais bafoue la liberté d'expression», a poursuivi le journaliste, ajoutant que rien ne justifiait des atteintes à la liberté de la presse.

    Leur refoulement à l'aéroport de Kiev vaut à Antonio Pampliega et Manuel Ángel Sastre trois ans d'interdiction de séjour en Ukraine pour avoir «nui aux intérêts nationaux». Les deux journalistes figuraient déjà sur une liste de personae non gratae établie par le gouvernement ukrainien en 2015, mais en avaient été retirés sous la pression de la société civile.

    «Nous ne sommes pas du côté de la Russie ni de celui de l'Ukraine, mais du côté du peuple qui souffre. Le plus grave est que ce conflit [en Ukraine, ndlr] est de plus en plus oublié. Il n'y a plus de journalistes pour en témoigner et ce, à une grande joie des autorités. Et l'Europe ne couvre pas les événements comme il se doit», a conclu l'interlocuteur de Sputnik.

    L'Ukraine occupe la 102è place sur 180 au Classement mondial 2017 de la liberté de la presse, publié par Reporters sans frontières (RSF).

    Lire aussi:

    Médias russes interdits en Ukraine: la liberté de la presse mutilée (Moscou)
    La presse russe s'emploie à discréditer l'Ukraine aux yeux du monde (Iouchtchenko)
    Ukraine: interdire la presse en langue russe fera taire 80% du pays (élu de Moscou)
    Tags:
    journalistes, expulsions, frontière, liberté de la presse, Service de sécurité d'Ukraine (SBU), Reporters sans frontières (RSF), Sputnik, Antonio Pampliega, Manuel Angel Sastre, Qatar, Venezuela, Turquie, Kiev, Syrie, Ukraine
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik