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Jean-Maurice Ripert, ambassadeur de France à Moscou entre 2013 et 2017, a donné une conférence à l’École Militaire le 5 septembre dernier où il a évoqué les errements diplomatiques de François Hollande à l’égard du Kremlin. Un exposé passionnant des relations bilatérales, mais parfois caricatural sur la Russie.

Les oreilles de Vladimir Poutine ont dû siffler le 5 septembre à l'École Militaire. Jean-Maurice Ripert, ex-ambassadeur de France à Moscou et désormais en poste à Pékin, n'a pas mâché ses mots à l'occasion d'une conférence intitulée «France —Europe- Russie: tribulations diplomatiques», organisée par les auditeurs de l'IHEDN (Institut des hautes études de défense nationale).

Son Excellence avait prévenu le public avant de débuter, il ne parlait qu'en son nom propre. Est-ce réellement possible pour un diplomate, connu de surcroît pour ses amitiés haut placées? Toujours est-il que l'ambassadeur a livré quelques clés de compréhension de la diplomatie française sur la Russie durant ces dernières années, notamment sur les dossiers «chauds» pour Paris, droits de l'homme, Ukraine, Syrie.

C'est François Hollande qui nomma lui-même à Moscou en 2013 son camarade de la promotion Voltaire à l'ENA. Jean-Maurice Ripert a d'ailleurs fustigé la Russie d'une façon très «hollandaise», maniant à souhait petites blagues et mépris ironique. Il a ainsi donné son avis sur la politique intérieure russe, une vision qui reste très «mainstream», l'ambassadeur fustigeant «le refus des valeurs libérales», le «recours au nationalisme» et l'effondrement de la démocratie russe. «Les Russes ne votent plus» a-t-il déclaré, en faisant référence à la participation au scrutin législatif russe de 2016 (48%). À titre de comparaison, les élections législatives françaises en 2017 ont fait pire, ne réunissant que 43% des électeurs.

​Sur la politique étrangère, l'ambassadeur a insisté sur «la rupture, la dérive par rapport à l'Europe» qu'aurait choisi Moscou, suite au conflit ukrainien. Étrangement, il n'a su répondre lorsqu'un auditeur lui a demandé ce qu'il pensait de la proposition de Vladimir Poutine d'envoyer des forces de maintien de la paix des Nations unies dans le Donbass. Selon Jean-Maurice Ripert, la Russie aurait du mal à «s'adapter au monde multipolaire» et elle «recommence à faire peur». Que penser alors de l'invasion unilatérale américaine de l'Irak en 2003? Et que dire également du non-respect de la résolution 1973 en 2011 par Paris et Londres conduisant à la déstabilisation de la Libye? Dernière déclaration-choc sur la politique extérieure, «la Russie n'a pas combattu Daech jusqu'à une date très récente.»

Sputnik en a aussi pris pour son grade. Faisant écho à la déclaration d'Emmanuel Macron du 29 mai à Versailles, Jean-Maurice Ripert a estimé que «Sputnik n'est pas un organe de presse» et que nous n'étions «pas des journalistes». Déclaration qui peut paraître surprenante de la part d'un haut fonctionnaire dont le pays détient France 24 et Radio France Internationale. Sur le même ton, il a cru bon de préciser: «j'ai cessé de leur parler quand ils ont introduit une négation dans mes propos.»

Toutes ces prises de parole peu diplomatiques n'ont pas empêché l'ambassadeur de se livrer à quelques confidences sur les relations bilatérales. La France et la Russie n'ont jamais cessé de se parler, même au plus fort des crises ukrainienne et syrienne. En 2016, François Hollande et Vladimir Poutine se sont entretenus au téléphone à 25 reprises. Présent à Moscou lors des attentats terroristes du 13 novembre à Paris, Jean-Maurice Ripert s'est dit très touché par la solidarité exprimée par les Russes: il a décrit les heures de queue durant lesquelles ont patienté les badauds moscovites afin de signer le Livre d'or devant l'ambassade de France.

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Tags:
diplomatie, Jean-Maurice Ripert, France, Russie
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