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    Israël déclassifie le dossier du médecin nazi Josef Mengele, dit l'«Ange de la mort»

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    Responsable de centaines de milliers de victimes et auteur d'expériences atroces sur des prisonniers, le médecin nazi Josef Mengele a été traqué pendant des années par les services secrets israéliens, mais en vain…

    Il était une des incarnations du mal infligé aux prisonniers des camps de concentration et d'extermination nazis. Surnommé l'«Ange de la mort», Josef Mengele, ce médecin SS qui a envoyé dans les chambres à gaz des centaines de milliers de Juifs, avait un instinct animal pour sentir le danger. Son intuition lui permit à deux reprises d'échapper au Mossad.

    Un dossier récemment rendu public évoque plusieurs tentatives de mettre le nazi sur écoute et même l'initiative de trouver une femme susceptible de séduire son fils, écrit le Times of Israël. Tout cela en vain. Le médecin tortionnaire se noya accidentellement en 1979, au Brésil…

    Nommé médecin en chef du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau en 1943, Josef Mengele y mena des expériences abominables, en particulier sur des jumeaux. Il cherchait à faire changer la couleur de leurs yeux en y injectant des substances chimiques, les cousait l'un à l'autre, coupait un bras à l'un pour observer la réaction de l'autre. Il n'était pas rare non plus que l'«Ange de la mort» affame des bébés pour voir combien de temps  ils pouvaient survivre sans nourriture. Il pratiqua également de nombreuses transplantations d'organes sans anesthésier ses victimes.

    Josef Mengele parvint à fuir vers l'Amérique du Sud et échappa ainsi au procès de Nuremberg. L'ancien espion Rafi Eitan, chef du commando qui enleva en Argentine en 1960 Adolf Eichmann, un des principaux responsables de la «solution finale», a indiqué la semaine dernière dans les médias que durant cette chasse à l'homme, il avait aussi localisé la cache de Mengele.

    «Au moment même où nous avons capturé Eichmann, Mengele vivait à Buenos Aires. Nous avons trouvé son appartement et nous l'avons placé sous surveillance», a dit Rafi Eitan, aujourd'hui âgé de 90 ans, à la radio publique à l'occasion de la déclassification attendue du dossier du Mossad sur Mengele.

    Juste après la capture d'Eichmann, alors détenu clandestinement dans une maison avant d'être envoyé en Israël au cours d'une opération digne d'un roman à suspense, le chef légendaire du Mossad de l'époque, Isser Harel, donna l'ordre à Rafi Eitan de profiter de l'occasion en arrêtant également Mengele, a relaté Rafi Eitan.

    Mais celui-ci dit s'être opposé au plan proposé: «Je ne voulais pas mener deux opérations en même temps (…) Nous avions réussi la première et, d'après mon expérience, lorsque vous tentez d'en mener une deuxième, vous mettez en danger les deux opérations».

    Le compromis retenu prévoyait que Rafi Eitan resterait en Argentine pour suivre les traces de Mengele tandis que le reste du commando du Mossad expédierait Eichmann vers Israël. Ce dernier y sera jugé, puis exécuté en 1962.

    «Mais Mengele n'était plus chez lui et les voisins ont expliqué qu'il allait revenir dans une semaine», se souvient Rafi Eitan, cité par l'AFP.

    «Nous avons attendu une semaine. Entre-temps, la capture d'Eichmann a été annoncée dans le monde entier, et Mengele n'est jamais retourné à son appartement de Buenos Aires».

    Le Mossad le manqua de nouveau au Brésil. «A la fin de (l'année) 1962, Mengele a été repéré avec certitude dans une ferme près de Sao Paulo», se rappelle Rafi Eitan.

    Mais Isser Harel avait démissionné et ses successeurs ne donnèrent pas leur feu vert à une nouvelle opération contre Mengele, faisant valoir d'autres priorités.

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    Tags:
    services secrets, nazis, Holocauste, Israël
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