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    Un rebelle tire d'un fusil d'assaut de type AK-47 contre un hélicoptère de l'armée syrienne

    Contrebande d’armes, «une stratégie standard des guerres diplomatiques» pour les USA

    © AFP 2019 PHIL MOORE
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    Le Pentagone aurait dépensé près de 2,2 milliards de dollars pour l’achat d’armes de type soviétique destinées aux rebelles syriens, d’après une enquête menée par des journalistes d'investigation. Selon un ex-officier de l’armée US interviewé par Sputnik, cette méthode utilisée par les USA depuis des années leur permet de brouiller les pistes.

    Les révélations sur les livraisons d’armes de type soviétique aux mercenaires étrangers qui font la guerre en Syrie ne doivent surprendre personne puisque les États-Unis ont toujours utilisé cette méthode, a déclaré à Sputnik Scott Bennett, ex-officier de l’armée américaine et sous-traitant de la société de conseil Booz Allen Hamilton qui a coopéré avec l’armée et le département d’État américains.

    «Il n’y a rien d’étonnant dans le fait que les militaires américains transportent des armes de type soviétique via l’Allemagne, la Turquie, l’Arabie saoudite et plusieurs pays de l’ancien bloc soviétique (Bosnie-Herzégovine, Croatie, Pologne, Kazakhstan et Afghanistan) pour les fournir aux mercenaires internationaux qui ont fait irruption en Syrie pour essayer de renverser le Président et le gouvernement syriens. C’est une stratégie standard des guerres diplomatiques américaines depuis des décennies», a indiqué M.Bennett.

    Selon lui, Washington a utilisé cette méthode contre de nombreux pays en Amérique centrale et du Sud, en Asie, en Afrique et au Proche-Orient ces 70 dernières années. 

     «Les États-Unis n’ont jamais eu l’objectif politique de détruire le groupe terroriste Daech, mais ils cherchent à "gérer et contrôler" Daech dans l’espoir que ce virus contaminera et affaiblira le gouvernement syrien et provoquera la désintégration du pays en petits morceaux», a estimé l’expert.

    Mais l’emploi d’armes fabriquées aux États-Unis ou dans les pays de l’Otan, «comme par exemple la carabine M-4 ou le fusil d’assaut M-16, indiquerait que les États-Unis financent et équipent leurs ennemis».

     «Le Pentagone livre des armes soviétiques aux rebelles syriens parce qu’il est impossible de les traquer. La durée d’exploitation de ces armes est indéterminée et elles peuvent aussi servir de monnaie qu’on utilise pour faire traîner les conflits. L’AK-47 est une arme universelle qu’on peut utiliser partout au Proche-Orient, en Ukraine, en Afrique sans qu’on soupçonne que les États-Unis y sont impliqués», a affirmé M.Bennett.

    Selon une enquête menée par le Réseau du journalisme d'enquête des Balkans (BIRN) et le Projet de reportages sur le crime organisé et la corruption (OCCRP), le Pentagone aurait livré des armes de type soviétiques en Syrie pour 2,2 milliards de dollars.

    D’après M.Bennett, les certificats d’utilisateur final utilisés par le Pentagone pour justifier l’achat et la propagation des armes de type soviétique, «montrent que les États-Unis trompent les pays auxquels ils achètent ces armes et les pays par lesquels ces armes transitent».

    Selon ces documents, le gouvernement américain se porte responsable des objets fournis et s’engage qu’ils seraient utilisés pour la défense, les entraînements, les opérations de stabilisation, etc. Cela signifierait que Washington utiliserait ces armes pour garantir la paix, la stabilité, l’ordre public dans les régions où elles arrivent.

    «Ces déclarations sont trompeuses ou des purs mensonges, puisqu’ils ne font rien de ce qu’ils ont promis. Au contraire, on assiste à des actes d’agression: des attaques contre le gouvernement syrien, des meurtres de soldats et de civils qui soutiennent le gouvernement syrien», s’est indigné M.Bennett.

    «Le gouvernement et les militaires américains emploient ces armes pour équiper leurs mercenaires et les utiliser contre la Syrie, la Turquie, la Russie, l’Irak et l’Iran», a conclu Scott Bennett.

    Tags:
    rebelles, armes soviétiques, commerce d'armes, Projet de reportages sur le crime organisé et la corruption (OCCRP), Réseau du journalisme d'enquête des Balkans (BIRN), Daech, Scott Bennett, Proche-Orient, Syrie, États-Unis
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