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    Drapeau de la Catalogne

    Après la Catalogne, la Voïvodine de Serbie?

    © AFP 2018 Josep Lago
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    La tenue du référendum de l'indépendance en Catalogne (63)
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    Le jour du référendum en Catalogne, plusieurs graffitis «Voïvodine=Catalogne» ont apparu à Novi Sad, chef-lieu de la Voïvodine, province autonome serbe. Sputnik a demandé à des experts à quel point le précédent catalan pourrait être dangereux pour la Serbie.

    La Voïvodine n'est pas la Catalogne pour cette simple raison que la Catalogne a l'histoire de son État et son identité ethnique, alors que la Voïvodine a été créée en tant qu'autonomie serbe au sein de l'Autriche-Hongrie, a rappelé à Sputnik le politologue Dragomir Andjelkovic.

    «Qui plus est, les Serbes constituent 70% de la population de la Voïvodine. Ainsi, rien n'y justifie des parallèles. Si l'on veut toutefois en établir, on pourrait le faire pour la Voïvodine et le Monténégro. Dans ces deux cas, on constate des tentatives pour créer une nation artificielle, alors que les souverainistes des deux côtés sont impliqués dans des affaires criminelles», a déclaré l'interlocuteur de l'agence.

    L'historien Cedomir Antic a expliqué à Sputnik que le mouvement pour la Voïvodine avait été créé en Occident, l'idée de l'indépendance de cette province étant formulée dans la prétendue «Déclaration de Salzbourg» de 1958, rédigée par quelques émigrés yougoslaves, dont deux avaient auparavant collaboré avec les nazis.

    Selon M.Antic, ce document a été écrit sous la houlette de l'agence de renseignement allemand (BND) et de la CIA. Dans les années 1990, le mouvement des partisans du projet de Voïvodine est né en Yougoslavie grâce aux efforts de ces services secrets étrangers et à la politique erronée de Slobodan Milosevic.

    «Ce projet n'a jamais recueilli plus de 7% des voix et, rien qu'en 1997, il a récolté 17% mais sur la base d'une politique parfaitement différente. Or, cela ne correspond en fait qu'au nombre d'Autrichiens qui souhaitent que leur pays entre en RFA», a relevé l'expert.

    Et d'ajouter que les Catalans avaient voté plusieurs fois pour leur indépendance et que ce peuple avait été soumis à des représailles, alors qu'en Voïvodine, on ne faisait qu'inventer toutes sortes d'histoires, en prétendant notamment qu'on rognait sur le financement de la province.

    «Pourtant, feu le Premier ministre serbe Zoran Djindjic disait encore en 2001 que la Voïvodine n'avait jamais financé le reste de la Serbie, que c'était plutôt l'inverse. Ainsi, tous ces graffitis et les parallèles avec la Catalogne sont une simple provocation», a conclu Cedomir Antic.

    Le jour du référendum en Catalogne, le drapeau de cette province espagnole ne flottait que sur un seul bâtiment en Serbie, celui du siège de la Ligue des sociaux-démocrates de Voïvodine (LSV), dont le leader Nenad Canak se trouvait alors à Barcelone. Le chef des autonomistes de la Voïvodine soutient le droit des Catalans au référendum, tout en critiquant cependant des initiatives similaires en Serbie.

    Bien que la Voïvodine ait son Premier ministre, son gouvernement et son budget, la plupart des autonomistes réclament davantage de droits et même l'émergence d'une «République de Voïvodine» au sein de la Serbie.

    Il y a néanmoins des organisations non enregistrées, telles que la «Jeune Voïvodine», qui exigent que la province se sépare de la Serbie. C'est sans doute aux membres de telles organisations qu'on doit les graffitis «Voïvodine=Catalogne».

    Le référendum sur l'autodétermination de la Catalogne s'est déroulé dimanche 1er octobre malgré l'opposition de Madrid.

    Dossier:
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    Tags:
    financement, souverainiste, autonomie, indépendance, référendum, Ligue des sociaux-démocrates de Voïvodine (LSV), Service fédéral de renseignement extérieur allemand (BND), CIA, Sputnik, Nenad Canak, Zoran Djindjic, Slobodan Milosevic, Cedomir Antic, Dragomir Andjelkovic, Barcelone, Yougoslavie, Monténégro, RFA, Autriche-Hongrie, Voïvodine, Serbie, Catalogne, Madrid, Espagne
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