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    Militaires des USA et de l'Otan en Afghanistan

    Anciens interprètes afghans de l’Otan: «nous vivons sous menace de mort»

    © AP Photo / Rahmat Gul
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    Bien des Afghans qui avaient travaillé comme interprètes pour l’Otan et la coalition internationale ont été abandonnés à leur sort après le retrait partiel de ces Forces étrangères et craignent pour leur vie et celle des membres de leurs familles. Sputnik a eu l’occasion de s’entretenir avec certains d’entre eux.

    Après le retrait partiel des troupes américaines, de l'Otan et de l'ISAF en 2014, nombre d'interprètes afghans qui avaient collaboré avec ces Forces ont reçu des permis de séjour permanent ou provisoire dans des pays tels que les États-Unis, l'Allemagne, la France, la Suède ou d'autres États de la coalition, mais beaucoup n'ont pas obtenu de visas et restent en Afghanistan où ils sont soupçonnés d'espionnage et menacés.

    «Comme j'ai travaillé pour des Allemands, je ne peux m'installer ni dans mon district ni même dans des districts voisins. Les gens disent que tous ceux qui ont collaboré avec des étrangers sont partis avec ceux-ci, et que si tu es resté, cela signifie que tu es un espion», a déclaré à Sputnik Mahmoudolhak Mohammadi, ancien interprète de l'Otan.

    Et d'accuser l'Otan de «deux poids, deux mesures» quand il s'agissait de leurs anciens collaborateurs afghans.

    «S'il ont décidé d'aider leurs interprètes, pourquoi n'ont-ils pris avec eux qu'une partie d'entre eux, en abandonnant d'autres à leur sort dans ce cauchemar? Nous vivons sous menace de mort», s'est indigné l'interlocuteur de l'agence.

    Sahi Ibrahimi qui avait travaillé à Koundouz avec des coalisés allemands de 2009 à 2013 a confié à Sputnik qu'il se trouvait dans une situation bel et bien désespérée.

    «Après le départ des unités allemandes de Koundouz, j'ai demandé trois fois l'asile en Allemagne pour recevoir trois refus. Personne ne m'a expliqué pourquoi j'avais été débouté. Comme j'ai travaillé comme interprète militaire et accompagné les coalisés dans plusieurs opérations d'envergure, on me considère toujours comme un espion», a-t-il raconté.

    L'homme a avoué vivre en permanence dans la crainte, pour lui-même et pour sa famille.

    «J'ai une femme et un enfant, et je ne sais pas que faire: me suicider ou attendre que les Taliban viennent me tuer. Je ne vois tout simplement pas d'autre issue», a déclaré l'interlocuteur de Sputnik.

    Ahmad Haled, interprète à Kaboul, qui avait accompagné durant deux années les troupes turques dans le cadre des missions de l'Otan et de l'ISAF, a expliqué à l'agence qu'en Afghanistan, chaque personne qui a collaboré avec l'Otan est considérée comme celui qui a travaillé pour des étrangers, soit pour des infidèles.

    «Beaucoup estiment que je travaille toujours pour les étrangers, et c'est la raison pour laquelle je suis confronté à de graves problèmes et même à des menaces, d'autant que je n'ai pas d'argent pour partir du pays», a-t-il indiqué.

    Tags:
    retrait, troupes, infidèles, espionnage, opération, coalition, Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF), OTAN, Ahmad Haled, Sahi Ibrahimi, Mahmoudolhak Mohammadi, Suède, France, Allemagne, États-Unis, Kaboul, Afghanistan
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