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    Chars turcs à la frontière syrienne

    Assad souhaiterait lancer «un dialogue direct avec la Turquie»

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    Situation en Syrie (automne 2017) (109)
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    Damas, qui a réclamé dimanche que la Turquie retire ses troupes du territoire syrien sans aucun préalable, souhaite ainsi entamer un dialogue direct avec Ankara, estiment deux experts militaires turcs interrogés par Sputnik.

    Le Président syrien Bachar el-Assad compte établir des contacts directs avec les dirigeants turcs en exigeant que la Turquie arrête son opération dans la province d’Idlib, a déclaré à Sputnik Ismail Hakki Pekin, ex-directeur du département de renseignement de l’État-major général turc, qui a fait partie de la délégation turque aux négociations entre la Turquie et la Syrie.

    «Les deux parties communiquent actuellement par le biais de la Russie et de l’Iran pour assurer l’application des accords [sur le règlement de la crise en Syrie, ndlr] conclus à Astana. Mais la Syrie souhaite nouer des contacts directs avec la Turquie parce que Assad tient à être reconnu par la Turquie», a indiqué M.Hakki Pekin.

    Naim Babüroglu, expert turc en stratégie militaire, souscrit à ces propos. Selon lui, des entretiens entre la Turquie et la Syrie sont très probables.

    «On peut supposer qu’Ankara et Damas se retrouveront prochainement à la table des négociations», a noté M.Babüroglu.

    Le parlement syrien a de nouveau réclamé dimanche le départ sans condition des unités turques envoyées par Ankara dans la province d’Idlib dans le cadre de l’opération militaire turque contre les terroristes du Front al-Nosra. La Turquie a déclaré que ses troupes étaient entrées [dans le gouvernorat] d’Idlib «avec l’aval d’autres pays et conformément aux accords d’Astana».

    Les deux experts turcs estiment que les déclarations catégoriques de Damas sont de la pure rhétorique et que le Président Assad ne s’attend pas à un départ rapide des militaires turcs.

    Selon Ismail Hakki Pekin, la déclaration syrienne s’explique par le fait qu’«en cas d’entrée de troupes étrangères sur le territoire Assad doit répondre devant son peuple».

    «Si la Syrie était effectivement contre la présence de la Turquie à Idlib, la Russie adresserait aussi un avertissement à la Turquie. Mais elle ne l’a pas fait. Il ne faut donc pas attacher une grande importance à cette déclaration. Damas s’adressait plutôt à son peuple», a pour sa part noté M.Babüroglu.

    Il a mis en valeur le rôle de la Russie dans le règlement de la crise syrienne qui a réussi à régler la crise sans verser autant de fonds que les États-Unis pour son armée.

    «La stratégie des États-Unis a été très confuse durant tout le conflit syrien. Les États-Unis ont parlé de la nécessité d’avancer vers Raqqa, de fournir des armes aux unités kurdes, mais c’est la Russie, qui dépense six fois moins que les États-Unis pour son armée, a réussi de sortir la situation en Syrie d’une impasse», a estimé M.Babüroglu.

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    crise syrienne, négociations, Naim Babüroglu, Ismail Hakki Pekin, Bachar el-Assad, Idlib, Turquie, Syrie, États-Unis
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