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    «Éléphant blanc»: d’où le désir qatari de s’acheter un système de missiles russe S-400?

    © Sputnik . Alexandre Vilf
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    Après qu'un accord de coopération militaire et technique a été signé entre la Russie et le Qatar, des experts militaires décryptent sa portée pour Sputnik et émettent des hypothèses sur le type d'armes dont il pourrait s'agir.

    Les éventuels achats d'armes russes par le Qatar serait plus un geste politique que pratique, a affirmé à Sputnik l'expert militaire Viktor Mourakhovski peu après la signature du premier accord militaro-technique entre les deux pays. Afin de resserrer les liens avec Moscou, Doha va probablement se procurer un système de défense aérienne S-400, a-t-il poursuivi.

    «L'armée qatari est purement symbolique en taille, mais grâce à ses richesses l'État peut se permettre d'acheter un "éléphant blanc" en se procurant une division de S-400 d'un montant de 500 millions de dollars [environ 423 millions d'euros]. Celle-ci protègera la capitale d'Arabie saoudite quand les désaccords entre les monarchies du Golfe seront finis. [l'idée de conjuguer les systèmes de défense aérienne a été soulevée à maintes reprises par les pays de la région, ndlr].»

    En cela, la signature de l'accord ne prévoit pas de débouchés concrets dans un futur proche et ne doit pas éveiller de protestations chez les voisins de la région, avec qui la Russie a dernièrement conclu d'importants contrats.

    Concernant le caractère ambigu de la collaboration militaire avec le Qatar, accusé à plusieurs reprises de soutien de groupes terroristes, M.Mourakhovski a souligné qu'aucun État dans le monde n'est resté fidèle, pendant toute son existence, à un seul cap. Moscou est en train, de son côté, d'essayer de nouer des relations avec des pays qui étaient autrefois ses adversaires.

    «La coopération militaro-technique avec des pays comme le Qatar est une question de jeu à long terme», a déclaré l'expert. «La ligne des États change, il n'y a rien d'éternel.»

    Le directeur du Centre d'analyse des ventes mondiales d'armes, Igor Korotchenko, a à son tour estimé que l'achat des S-400 par le Qatar pourrait être dicté par des ambitions militaires.

    «Doha peut bien être intéressé par l'achat de systèmes de longue portée S-400, sa possession est déjà une sorte de signe d'appartenance au club des pays privilégiés militairement et représente un immense prestige ainsi qu' un sérieux du point de vue du maintien de la sécurité nationale.»

    Selon lui, le dialogue dans le domaine militaro-technique entre Doha et Moscou est possible grâce à l'influence plus forte de la Russie au Proche-Orient. En outre, le Qatar pourrait également s'intéresser des complexes Pantsir-S1, des véhicules blindés et antichar, des avions militaires de transport et des armes légères, a-t-il ajouté.

    Pour le moment, la Russie a des partenariats de livraison pour les systèmes S-400 Triumph avec la Chine (en phase de mise en œuvre) et avec la Turquie. Un mémorandum d'intention d'acheter des S-400 par la partie indienne a été signé en 2016. De même, des S-400 seraient acheminés en Arabie saoudite et probablement au Bahreïn.

    Le système de défense antiaérien S-400 Triumph est destiné à détruire des cibles aériennes, dont des avions et des missiles balistiques. En avril dernier, les forces aérospatiales russes ont annoncé la mise en service de missiles pour les S-400 capables de détruire des cibles dans l'espace proche.

    Pour la première fois dans l'histoire des relations russo-qataries, le ministre russe de la Défense s'est rendu mercredi en visite officielle à Doha. Sergueï Choïgou y a notamment signé un accord de coopération militaire et technique.

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    Tags:
    armements, achats, livraisons d'armes, relations, contrat, défense antiaérienne, S-400, Sergueï Choïgou, Golfe persique, Qatar, Russie
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