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    Darko Mladic, fils de Ratko Mladic

    Fils de Ratko Mladic: «le TPIY a choisi de discriminer les victimes»

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    Ratko Mladic arrêté en Serbie (29)
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    À l’occasion de son dernier procès, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a condamné l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, à la prison à perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Son fils Darko Mladic a commenté ce verdict dans un entretien accordé à Sputnik.

    À la fin de son mandat, cette instance judiciaire ne pouvait tout simplement pas prendre une décision qui se trouverait en contradiction avec tout ce qu'elle avait fait précédemment, a déclaré Darko Mladic à Sputnik.

    «Je crains que quelqu'un n'ait rendu ce verdict pour s'en servir à des fins politiques. Pour le moment, cette condamnation n'a pas de force juridique parce qu'on peut en faire appel, mais je pense que les dessous politiques y sont évidents», a estimé l'interlocuteur de l'agence.

    Et de prévenir que ce verdict n'allait pas contribuer à réconcilier les parties.

    Darko Mladic rappelle que dans la résolution 827 du Conseil de sécurité des Nations unies qui a été adoptée le 25 mai 1993 et a servi de base pour former le TPIY, il s'agit justement de la réconciliation des parties, alors qu'à présent, les membres du Tribunal soulignent que leur tâche n'était que de traduire en justice les criminels de guerre.

    «Qui plus est, le TPIY a choisi de discriminer les victimes. En effet, des personnes qui avaient personnellement coupé les têtes de Serbes avaient été libérées, encore que leurs dirigeants n'aient même pas été jugés. Il est impossible de parvenir ainsi à la réconciliation», a-t-il souligné.

    Selon l'interlocuteur de Sputnik, certains milieux qui rendent notamment de tels verdicts veulent qu'une situation explosive s'éternise dans les Balkans, région qui n'est pas encore suffisamment contrôlée par ces milieux précis.

    «Les Balkans peuvent être importants non seulement en tant que tels, mais aussi comme un couteau sous la gorge de l'Europe», a-t-il conclu.

    Beaucoup estiment que la condamnation du général Mladic à la prison à perpétuité constitue une «claque honteuse infligée au peuple serbe» qui ne fera qu'alimenter les tensions entre les Serbes, les Bosniaques et les Croates au lieu de contribuer à les réconcilier.

    L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, âgé de 74 ans, est le dernier accusé dans le cadre de la guerre de Bosnie-Herzégovine (1992-1995) jugé par le TPIY. Il a été condamné le 22 novembre dernier pour avoir effectué le «nettoyage ethnique» d'une partie de la Bosnie. Il a été poursuivi pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre lors de la guerre de Bosnie et du massacre de Srebrenica qui a eu lieu en juillet 1995, quand 8.000 hommes et adolescents bosniaques musulmans ont été tués.

    Pourtant, l'ancien chef militaire affirme n'avoir rien à voir avec ce massacre. Selon lui, il a donné pour ordre «d'évacuer d'abord les blessés, les femmes et les enfants, puis les combattants» à Srebrenica. Il ne cesse de répéter «qu'il n'avait rien à faire avec cela» et ce qui a «pu être fait derrière son dos».

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    Ratko Mladic arrêté en Serbie (29)
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    purge ethnique, perpétuité, prison, jugement, condamnation, musulmans, crimes de guerre, guerre, guerre de Bosnie-Herzégovine (1992-1995), Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), Conseil de sécurité de l'Onu, ONU, Ratko Mladic, Darko Mladic, Balkans, Srebrenica, Bosnie-Herzégovine, Yougoslavie
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