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    Nouvel An amazigh au Maroc. Photo d'archive

    Algérie, championne du monde des réveillons

    © AFP 2018 FADEL SENNA
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    Safwene Grira
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    En reconnaissant officiellement le Nouvel An amazigh (12 janvier), l’Algérie devient l’un des rares pays au monde où trois réveillons se côtoient. Et pour peu que la soirée se prolonge, on fêterait même le Nouvel An russe (13 janvier)!

    En Algérie, on n'a pas eu le temps de souffler. À peine aura-t-on fini de se souhaiter une bonne année 2018, qu'un autre réveillon s'annonce. Nous sommes bientôt en 2968, et la bonne nouvelle c'est qu'il n'y aura pas de deuxième impôt sur le revenu au titre de l'année amazigh écoulée. Tout converge, donc, pour que les Algériens se souhaitent le 12 janvier, dans la joie et la bonne humeur, un «Assegas Amegaz»!

    D'ailleurs, une double imposition aurait été mal venue par ces temps de vaches maigres. Avec les nuages de la crise qui s'amoncellent, on regrette que le réveillon du 31 décembre n'ait pas été célébré en grandes pompes.

    ​Qu'importe, les Algériens répondent tout de même présents au réveillon, même si c'est chez les voisins tunisiens. Asile ludique pour les uns, flux touristique pour les autres. Échange de bons procédés, somme toute. Quoi de plus normal entre voisins.

    ​Le 27 décembre dernier, le Président algérien Abdelaziz Bouteflika a donc annoncé sa décision de consacrer Yennayer journée chômée et payée, à côté du 1er mouharram du calendrier musulman et du 1er janvier. Une fête célébrée depuis longtemps par la quasi-majorité des Algériens, d'est en ouest, du nord au sud, et dont l'officialisation est une revendication politique du mouvement berbériste.

    La même annonce présidentielle chargeait, également, le gouvernement d'accélérer la création d'une Académie algérienne de la langue amazighe. Une série de mesures qui visent, selon le chef de la diplomatie algérienne, Abdelkader Messahel, à «conforter les fondements de l'identité et l'unité nationales».

    ​Pour une partie de la communauté amazigh, qui a battu le pavé en décembre dernier en contestation du rejet d'un amendement de la loi de finances 2018 prévoyant la généralisation de l'enseignement de la langue berbère, le pouvoir n'a fait que céder à la pression de la rue. Pour d'autres, ce serait même une volonté de «récupération identitaire», voire une tentative de diversion, après l'adoption récente de mesures d'austérité.

    ​C'est que la consécration de Yennayer a été concomitante avec l'annonce, par le ministre du Commerce, de l'interdiction d'importer près de 900 produits. Logique dans ce cas qu'on cherche à promouvoir les produits locaux. Et Yennayer en fait partie.

    Partout en Algérie, les marchés commencent à enregistrer une activité accrue, à quelques jours de ces festivités qui sont aussi célébrées avec des spécialités culinaires. Pour les populations de la région de Tizi-Ouzou dans le nord du pays, c'est le fameux couscous sauce rouge qui trônera à côté d'autres mets traditionnels comme le baghrir, ces crêpes à mille trous à base de semoule très fine. Des pâtes rechta à Alger, contre des feuilles de chakhchoukha à Biskra, alors que dans l'ouest algérien, ce sera plutôt le couscous au poulet et aux œufs. Selon la tradition, des friandises et des bonbons sont jetés sur des enfants installés dans de grandes marmites. Une pratique ancestrale censée les promettre à une longue vie de bonheur et d'abondance.

    Mais quelque part du côté de Bab Ezzouar, ou de la raffinerie pétrolière d'Adrar au fin fond du pays, le Big Brother chinois observe avec intérêt ces étranges rituels. Après que leur présence a été affectée par la crise, les 40.000 Chinois d'Algérie pensent à la commercialisation d'un nouveau produit qui a toutes ses chances de réussir dans ce pays, fan de réveillons: le Nouvel An chinois.

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    Tags:
    réveillon, Berbères, Nouvel An, Abdelaziz Bouteflika, Tunisie, Algérie
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