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Manifestations en Iran (31)
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Alors que les protestations ne cessent dans la République islamique, des experts se posent la question de savoir si le pouvoir en place à Téhéran risque d'être renversé.

Plus d'une vingtaine de personnes ont trouvé la mort dans les protestations qui se poursuivent en Iran depuis déjà une semaine. Les manifestants ont des revendications politiques, alors que les autorités accusent les États-Unis et l'Arabie saoudite d'avoir orchestré ces troubles dans le pays.

Les manifestations se déroulent tandis que la République islamique reste confrontée à une situation économique difficile en dépit de la levée progressive des sanctions occidentales conformément aux dispositions de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015. Le taux de chômage se maintient à 12,4%, selon les données officielles. Pourtant, parmi les jeunes, qui participent le plus activement aux protestations, on compte 28,8% de chômeurs.

Le 1er janvier, le Président Hassan Rohani a averti que «le peuple iranien répondra aux fauteurs de troubles», qui ne constituent selon lui qu'une «petite minorité» dont certaines exigences sont pourtant «justifiées». Par la suite, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale Ali Shamkhani a affirmé que les manifestations étaient incitées par les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Arabie saoudite.

Pour sa part, le chef d'état-major adjoint des forces armées d'Iran, le général de brigade Seyyed Massoud Jazayeri a assuré que les USA et d'autres pays cherchaient à déclencher une révolte en Iran mais qu'ils ne parviendraient pas à leurs fins. D'après lui, les manifestations doivent «prendre fin dans quelques jours». Le guide suprême de la Révolution islamique Ali Khamenei a souligné que les «ennemis» du pays s'étaient alliés pour porter préjudice à son pays.

Le dirigeant américain Donald Trump a quant à lui publié toute une série de tweets afin de soutenir les protestataires iraniens qui ont selon le Président US ont «faim de nourriture et de liberté». Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a lui aussi exprimé son soutien aux manifestants via sa page Facebook.

En réaction, le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu a mis Washington et Tel Aviv en garde contre l'ingérence dans les affaires intérieures de l'Iran. «Le régime iranien peut vous plaire ou pas, mais le changement de pouvoir ne s'opère que via les élections», a statué le ministre.

Vladimir Sajine de l'Académie des sciences de Russie estime que les évènements en cours en Iran ne déboucheront pas sur le changement du régime en place mais entraîneront des conséquences politiques importantes pour le pays. Selon le chercheur, les Iraniens sont de plus en plus mécontents des restrictions imposées par les ayatollahs.

«Dans les villes, la population est éduquée, ils utilisent internet, ils parlent anglais (…). Les gens intelligents se rendent bien compte que l'Iran débloque des fonds considérables pour soutenir le Hezbollah, ainsi que sur la guerre en Syrie, sur la situation en Iran ou au Yémen. Cela fait augmenter les prix des produits, c'est ce qui était à l'origine des protestations», explique l'analyste.

«Or, je ne crois pas qu'une nouvelle révolution se produira et que le régime islamique sera renversé, même si la population n'est pas trop heureuse face à la pression islamique à laquelle elle fait face», conclut M.Sajine.

Dossier:
Manifestations en Iran (31)

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Tags:
changement de régimes, revendications, manifestation, protestations, Ali Shamkhani, Benjamin Netanyahu, Vladimir Sajine, Donald Trump, Mevlut Cavusoglu, Hassan Rohani, Iran, États-Unis
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