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    La créatrice de #balancetonporc à son tour balancée… à la justice

    © AFP 2018 Bertrand Guay
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    Mike Beuve
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    La créatrice de #balancetonporc est attaquée en justice pour diffamation par l’homme qu’elle a nommément accusé sur Twitter. Après les nombreux témoignages de victimes, assistons-nous aux premières dérives liées au célèbre mot dièse comme le prédisaient certains?

    Assistons-nous à un retour de bâton du phénomène #balancetonporc? Sandra Muller, journaliste, et créatrice du célèbre mot-dièse, est poursuivie en justice par l'homme qu'elle a nommément accusé sur Twitter, comme elle l'explique sur sa page Facebook.

    «Eric Brion, que je nomme comme l'auteur des propos dégradants dont j'ai fait l'objet, a reconnu les avoir tenus et s'est excusé publiquement dans une tribune publiée dans Le Monde le 30 décembre 2017.»

    Et d'ajouter,

    «Eric Brion a finalement changé de stratégie et a décidé, contre toute décence, de m'amener devant les tribunaux. Une assignation m'a été délivrée, dans laquelle Monsieur Brion réclame notamment 50.000 € de dommages et intérêts pour diffamation, des publications judiciaires et 10.000 € de frais d'avocat.»

    Le hashtag #balancetonporc qui fait écho au célèbre #metoo lancé suite à l'affaire Harvey Weinstein a connu un engouement sans précédent. Un mouvement d'une si grande ampleur que le magazine Times a décidé de mettre en couverture pour son numéro «personnalités de l'année 2017» les femmes instigatrices de cette libéralisation de la parole des femmes.

    ​Et pour cause, de nombreuses femmes ont pu faire part de leurs expériences douloureuses. Chose qui n'est pas toujours aisée dans le monde réel, puisque selon le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCE), en cas de viol, seules 11% des femmes portent plainte et 13% déposent une main courante.

    Pourtant, dès l'apparition de ce mouvement, des voix se sont élevées contre ce phénomène. En effet, d'une part le procédé de «balancer» à la vindicte populaire une personne qui ne peut pas se défendre pose question. D'autre part, le risque d'amalgamer des personnes dénoncées pour des agressions sexuelles à celles coupables de faits de goujaterie, tels que des paroles déplacées, était très important.

    En effet, dans une tribune au Monde le 30 décembre, Eric Brion avait reconnu avoir «effectivement tenu des propos déplacés envers Sandra Muller, lors d'un cocktail arrosé très tard dans une soirée, mais à une seule reprise». Il réclamait également «le droit à la vérité et à la nuance», et disait «réitérer ses excuses» à Sandra Muller.

    Cette attaque pour diffamation va-t-elle faire des émules parmi les «porcs»?

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    journalistes, hashtag, justice, Twitter, Inc
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