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    Combattants kurdes à Afrin, Syrie

    L’incohérence américaine vis-à-vis des Kurdes en sept citations

    © AFP 2018 George Ourfalian
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    La diplomatie des États-Unis, marquée par des positions contradictoires entre le département d’État et le Pentagone, concernant la création d’une armée à la frontière turque s’appuyant sur les Kurdes, laisse les forces qui s’opposent dans le flou. En voici les déclarations les plus marquantes.

    Les positions, changeantes et contradictoires, du département d'État et du Pentagone, concernant le plan de création d'une armée à la frontière turque, en s'appuyant sur les Forces démocratiques syriennes (FDS) à dominante kurde, a mis en colère et la Turquie et les Kurdes, ne sachant plus à quelle déclaration de responsable américain s'en tenir. Voici les différentes annonces relatant cette cacophonie.

    Mai 2017: les États-Unis livrent des armes aux Kurdes à Raqqa

    Donald Trump a approuvé, le 8 mai 2017, le plan de fourniture d'armes aux combattants kurdes pour reprendre Raqqa à Daech, indépendamment de la forte opposition des Turcs. Citant un responsable américain s'exprimant sous anonymat, Reuters a précisé que les Kurdes étaient approvisionnés en armes légères, en munitions, en mitrailleuses, en véhicules blindés et en matériel de génie.

    Juin 2017: les États-Unis continueront à armer les Kurdes, même après l'opération à Raqqa

    «Nous allons les équiper pour le combat. S'ils ont un autre combat, et ils ont besoin de camions légers qu'ils ont utilisés… nous leurs donnerons ça», a déclaré James Mattis, le 27 juin, à l'agence Reuters, annonçant que les États-Unis pourraient continuer à armer les Kurdes syriens après la fin de la bataille de Raqqa. «Quand ils n'ont plus besoin de certaines choses, nous les remplacerons par quelque chose dont ils ont besoin», a-t-il ajouté

    Décembre 2017: il n'y a pas besoin d'armer les Kurdes

    «Le YPG est armé, mais comme la coalition arrête ses opérations offensives, alors vous n'avez pas besoin de ça, vous avez besoin de sécurité, vous avez besoin de forces de police, de forces locales, de gens qui s'assurent que Daech ne revienne pas», a déclaré James Mattis à Reuters, après la défaite de Daech en octobre 2017, annonçant, le 2 décembre, que l'administration Trump allait cesser d'armer les Kurdes.

    14 janvier 2018: une nouvelle armée est créée

    «Il y a un objectif d'une force finale d'environ 30.000. Il y a environ 230 personnes qui s'entraînent actuellement pour la force de sécurité frontalière», a déclaré le colonel Ryan Dillon, porte-parole de l'opération Inherent Resolve, à l'Agence France-Presse (AFP), expliquant que les États-Unis établiraient une nouvelle force militaire en Syrie avec les FDS kurdes.

    17 janvier 2018: «Toute la situation est mal décrite»

    «Toute cette situation a été déformée, mal décrite, certaines personnes se sont mal exprimées, nous ne créons aucune force de sécurité à la frontière», a déclaré Rex Tillerson à Reuters, le 17 janvier, en répliquant au plan du Pentagone de créer une nouvelle armée à la frontière avec la Turquie.

    23 janvier: l'opération Rameau d'olivier mine les efforts antiterroristes

    «Cela perturbe clairement l'effort [anti-terroriste]», a déclaré James Mattis dans le Washington Post, le 23 janvier, dénonçant l'opération turque Rameau d'olivier contre les Kurdes syriens à Afrine et Manbij. «L'incursion turque perturbe cet effort et nous exhortons la Turquie à faire preuve de retenue dans les actions militaires et la rhétorique et à faire en sorte que ses opérations aient
    une portée et une durée limitées», a-t-il ajouté.

    24 janvier: les Kurdes vont payer le prix s'ils résistent à la Turquie

    «S'ils [les unités soutenues par les USA opérant sous l'égide des FDS, ndlr] mènent des opérations militaires de quelque nature que ce soit, qui ne sont pas spécifiquement axées sur Daech, ils n'auront pas le soutien de la coalition», a déclaré Adrian Rankine-Galloway, le 24 janvier, porte-parole du Pentagone, à l'agence Anadolu, expliquant que les États-Unis pourraient couper l'aide militaire à la milice kurde du nord de la Syrie si elle continue

    d'attaquer la Turquie. «Si nous observons des scénarios dans lesquels cet équipement est utilisé à d'autres fins, nous allons prendre des mesures appropriées qui pourraient inclure la fin de l'assistance militaire», a-t-il ajouté.

    L'état-major turc a annoncé le 20 janvier le lancement de l'opération Rameau d'olivier contre les milices kurdes positionnées dans la région d'Afrine. Dimanche, une opération terrestre a débuté. Damas a fermement condamné les actions d'Ankara, rappelant qu'Afrine était une partie indissociable de la Syrie. Moscou a pour sa part appelé tous les belligérants à la retenue et a exhorté à respecter l'intégrité territoriale de la Syrie.

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    Tags:
    cacophonie, diplomatie, Kurdes, Adrian Rankine-Galloway, Ryan Dillon, James Mattis, Rex Tillerson, Donald Trump, Afrine (Syrie), Syrie, États-Unis
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