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    Drapeaux de Russie et UE

    Le «Rapport du Kremlin», se répercutera-t-il sur les affaires Russie-UE?

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    «Rapport du Kremlin» du département du Trésor des États-Unis (4)
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    Dans un entretien accordé à Sputnik, Philippe Pégorier, membre du Conseil d’administration de l’Association of European Business commente le «Rapport du Kremlin» et écarte le risque de nouvelles sanctions européennes à l’encontre de la Russie. Il explique, en outre, quelle initiative pourrait constituer une base pour la sortie de crise en Ukraine.

    96 hommes d’affaires russes ont été mentionnés dans le «Rapport du Kremlin», ce document dressé par le département américain du Trésor conformément à la «Loi sur la lutte contre les ennemis des États-Unis par le biais des sanctions». Et si pour le moment ce n’est qu’une partie de ces entrepreneurs, qui, il convient de le préciser figurent tous sur la liste des millionnaires russes établie par le magazine Forbes, qui sont visés par des sanctions, le fait d’y être mentionné pourrait éventuellement se répercuter sur leur réputation. Ainsi, les partenaires potentiels ou actuels pourraient renoncer à toute collaboration avec eux ou leurs entreprises craignant qu’ils finissent par être visés par des mesures de rétorsion de la part des États-Unis. Pour savoir si le document en question pourrait pour le moment nuire au développement commercial entre la Russie et les milieux d’affaires européens, Sputnik s’est adressé à Philippe Pégorier, président d’Alstom Russie et membre du Conseil d’administration de l’AEB (Association of European Business).

    Comme l’estime ce dernier, pour le moment il serait prématuré de donner une réponse précise. «C’est une liste extrêmement large. Elle "n'est bonne ni à rôtir, ni à bouillir" — on y trouve pratiquement tout le monde», a-t-il indiqué soulignant que ce qu’il faudrait regarder c’est «l’utilisation qui sera faite de cette liste».

    Pas de nouvelles sanctions européennes pour le moment, mais le règlement s’impose

    De l’autre côté, souligne l’interlocuteur de l’agence, l’Union européenne n’envisage actuellement pas de nouvelles sanctions à l’encontre de la Russie, ce qui a d’ailleurs été rappelé par le Premier ministre belge Charles Michel qui s’était rendu à Moscou au début de la semaine.

    «L’Union européenne n’envisage pas d’autres sanctions supplémentaires contre la Russie. Pourquoi? Parce qu’il n’y a pas de raisons objectives pour les imposer. La situation dans l’est de l’Ukraine n’a évolué ni en bien ni en mal, donc il n’y a pas de raison», explique-t-il.

    Mais, souligne M.Pégorier, un moyen de sortie de l’impasse s’impose et à ses yeux l’initiative du Président russe d’envoyer des forces de maintien de la paix en Ukraine occidentale pourraient probablement servir de base au règlement. Quoique, constate-t-il, pour le moment cette proposition n’a pas été sérieusement étudiée en Occident.

    Le département du Trésor des États-Unis a publié lundi le «Rapport du Kremlin», une liste de 210 personnalités politiques et hommes d'affaires russes.
    Parmi les personnes figurant sur la liste, on trouve le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et le Premier ministre Dmitri Medvedev. La liste n’implique pas que des sanctions ont été imposées contre ces personnes, mais qu'elles pourraient l'être à l'avenir. Un certain nombre de personnes sur cette liste sont déjà exposées aux sanctions américaines.

    Le porte-parole du Président russe, Dmitri Peskov, a qualifié la publication du «Rapport du Kremlin» de démarche sans précédent. Selon lui, les hommes politiques et d'affaires figurant sur la liste sont en fait qualifiés d'«ennemis des États-Unis» et la publication du rapport peut nuire à leur réputation. À son avis, la publication du «Rapport du Kremlin» serait en outre une tentative directe et évidente d'influencer le processus électoral en Russie.

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    «Rapport du Kremlin» du département du Trésor des États-Unis (4)
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    sanctions, Département du Trésor américain, Union européenne (UE), Philippe Pégorier, Europe, Ukraine, États-Unis, Russie
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