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    Couple saoudien péchant sur la plage de Djeddah

    Ces droits que l’Arabie saoudite a accordés aux femmes et ce qu’il reste à faire

    © Sputnik. Mikhail Voskresensky
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    Les femmes saoudiennes, de 2013 à fin 2017, ont vu leurs droits évoluer. De celui de participer à la vie politique, jusqu’au droit de se mettre au volant et de travailler dans la restauration. Petit à petit, l’un des pays les plus conservateurs au monde réalise des progrès en matière de liberté des femmes, cependant beaucoup reste encore à faire.

    Lentement, mais sûrement, les choses avancent pour les femmes en Arabie saoudite. Plusieurs droits leurs ont été accordés de 2013 à fin 2017, en voici la liste.

    1- La participation à la vie politique

    C'est sans doute l'avancée majeure que les femmes saoudiennes ont eue. Le roi saoudien Abdallah ben Abdelaziz al-Saoud a pour la première fois dans l'histoire du royaume nommé, en janvier 2013, par décret 30 femmes au parlement du pays. Selon le décret, les femmes députées seront assises séparément des hommes et auront une entrée séparée à l'organe législatif. Il a en outre autorisé, par une loi, les femmes à voter et à se présenter aux élections municipales depuis 2011. Mais c'est le 12 décembre 2015 qu'elles ont exercé ce droit pour la première fois, ou 14 femmes ont été élues dans des conseils municipaux.

    2- Le droit de conduire dans le royaume

    Le 26 septembre 2017, par décret royal, le prince héritier Mohammed ben Salmane a autorisé, pour la première fois, les femmes à conduire une voiture dans le royaume, sans aucune restriction comparativement aux droits des hommes. Cependant, le décret en question entrera en vigueur en juin 2018. Les Saoudiennes auront aussi le droit, depuis octobre 2017, de conduire des motos et des camions. Elles n'auront pas besoin d'obtenir l'accord de leur tuteur légal pour passer leur permis et la présence de ce dernier ne sera pas nécessaire lorsqu'elles seront au volant.

    3- Le droit d'aller au cinéma et au stade de football

    En avril 2016, Mohammed ben Salmane, à l'époque vice-prince héritier, a lancé le plan Vision 2030, qui doit réintroduire des loisirs et des divertissements dans le pays, en permettant aux femmes d'y participer. Le plan du prince a vite pris de l'ampleur. En octobre 2016, des centaines d'hommes et de femmes ont assisté au spectacle hip-hop iLuminate dans un amphithéâtre de l'université Princesse Noura bint Abdulrahman. Suite à cet évènement, les salles de cinéma, restées fermées pendant 35 ans ont rouvert leurs portes. Les Saoudiennes pourront aussi aller au stade. Dans certaines conditions et pas partout : seules trois enceintes leur seront ouvertes et il faut y faire des travaux pour les accueillir. « Début de la préparation de trois stades à Riyad, Djeddah (ouest) et Dammam (est) pour accueillir des familles à partir de début 2018 », a ainsi annoncé l'Autorité générale du sport sur Twitter.

    4- Le droit de travailler dans la restauration

    Les femmes en Arabie saoudite auront bientôt la possibilité de travailler dans le secteur de la restauration, a-t-on appris le 1er février. Initialement, les femmes pourront être recrutées pour une période d'essai dans 16 restaurants du pays. Un comité de conseil sera mis en place afin de permettre aux employeurs de discuter de la stratégie d'embauche des femmes.


    Cette décision élargie le champ de l'activité professionnelle des femmes, car auparavant, ces dernières avaient la possibilité d'être embauchées dans un nombre limité de secteurs de l'économie et sous certaines conditions. Une augmentation de 30 % de la participation des Saoudiennes dans la vie économique du pays est l'un des objectifs du programme de réformes Vision 2030.

    Cependant, malgré toutes ces évolutions, le taux de chômage des femmes saoudiennes s'élève à 33%, tandis que celui de la population active est de 12%.

    S'ajoute à cela le fait que les femmes n'ont toujours pas le droit de se marier, divorcer, ouvrir un compte bancaire, trouver un emploi ou être opérées sans l'accord de leurs tuteurs masculins, qui peuvent être, si le père est mort ou absent, le mari, un parent de sexe masculin, un frère, ou même, parfois, un fils.

    Les Saoudiennes sont aussi lésées devant la Justice, puisque le témoignage d'un homme vaut autant que celui de deux femmes. Quant aux héritages, en vertu de la loi islamique, la part d'une fille correspond à la moitié de l'héritage d'un fils.

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    droit de travailler, droit de vote, droits des femmes, Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud, Mohammed Ben Salmane, Arabie Saoudite
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