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    Le drapeau de Turquie

    L'achat de S-400 russes: Ankara est contre «le langage des menaces» de Washington

    © REUTERS / Umit Bektas
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    La Turquie se prononce contre le langage des menaces en ce qui concerne son accord avec la Russie sur l'achat des systèmes de défense antiaérienne S-400, a souligné le ministre turc des Affaire étrangères, Mevlut Cavusoglu, après sa rencontre avec le secrétaire d'État américain Rex Tillerson à Ankara.

    Intervenant à l'issue de ses pourparlers à Ankara avec le secrétaire d'État américain Rex Tillerson, le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu a mis l'accent sur l'importance de la fourniture des S-400 russes pour la sécurité de la Turquie, même si les États-Unis ne l'apprécient pas.

    «Nous n'utilisons pas et n'acceptons pas le langage des menaces. Le Congrès des États-Unis a adopté la loi [sur des sanctions antirusses, ndlr.], mais nous devons assurer notre sécurité nationale. Nous voudrions acquérir des moyens de l'assurer avec nos alliés, mais il y a toujours des problèmes avec eux. Nous avons parlé non seulement avec la Russie, mais aussi avec d'autres pays. Nous avons terminé les négociations avec la Russie et nous avons signé l'accord bien longtemps avant que le Congrès [ait adopté la loi, ndlr.], ils restaient seulement quelques détails», a-t-il déclaré.

    Il a également ajouté que la Turquie est intéressée non seulement par l'achat de systèmes de défense antiaérienne, mais aussi par le transfert de technologie.
    Rex Tillerson à son tour a confirmé d'avoir discuté avec le Président turc de la livraison des batteries de S-400 russes à Ankara.

    «Effectivement, il s'agit d'une question importante. Il nous faut créer une groupe d'experts pour discuter de tous les aspects de ce marché», a-t-il souligné.

    La «loi pour contrer les adversaires de l'Amérique au moyen de sanctions» (CAATSA, Countering America's Adversaries Through Sanctions Act) a été signée par Donald Trump, le 2 août 2017. La loi, mise en vigueur le 29 janvier 2018, prévoit en particulier des sanctions sur les «transactions importantes» avec des entreprises du secteur russe de la défense et du renseignement. Le Département d'État a qualifié la loi en question de moyen de dissuasion envers ceux qui veulent conclure des accords avec la Russie et a déclaré que cela avait déjà entraîné des pertes de plusieurs milliards pour l'industrie de la défense russe.

    La Turquie, deuxième armée de l'Otan en nombre, a signé avec la Russie un contrat qui prévoit la fourniture de quatre batteries de S-400 pour un montant compris entre deux et deux milliards et demi d'euros, une acquisition qui déconcerte les partenaires occidentaux d'Ankara.

    Par la suite, le pays a affirmé planifier l'élaboration conjointe de systèmes de lutte antiaérienne avec la France et l'Italie pour favoriser la création d'une structure nationale. Début janvier, Ankara a signé un contrat avec la société franco-italienne Eurosam pour mener des recherches avant de développer et concevoir un nouveau système de défense antimissile.

    Mi-janvier, la direction de l'industrie de la défense turque et un consortium d'entreprises de défense turques composé de Aselsan et de Roketsan, ainsi que le Centre d'études de défense Tübitak Sage, ont signé un accord sur un projet de développement de systèmes de défense aérienne à longue portée.

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    S-400, Rex Tillerson, Mevlut Cavusoglu, États-Unis, Russie
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