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    Conseil de sécurité de l'Onu

    La «chimiste expérimentée» Nikki Haley étonne l’ambassadeur russe à l’Onu

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    Affaire Skripal (114)
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    «La présomption d’innocence est en passe d’être substituée par la présomption de culpabilité», a déclaré l’ambassadeur russe aux Nations unies, intervenant au Conseil de sécurité de l'Onu pour commenter les accusations portées à l’encontre de la Russie dans l’affaire de l’empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal.

    L'ambassadeur russe à l'Onu Vassili Nebenzia a réagi mercredi au Conseil de sécurité aux accusations lancées à l'encontre de Moscou depuis Londres et Washington dans l'affaire de l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal.

    «L'époque dans laquelle nous vivons est vraiment particulière. Des événements étonnants se produisent sous nos yeux. La présomption d'innocence est en passe d'être substituée par la présomption de culpabilité. Qui plus est, ce principe de droit international est projeté sur les relations internationales», a-t-il déclaré.

    Les propos du diplomate russe ont fait suite à la déclaration de son homologue américaine Nikki Haley, qui avait annoncé que les États-Unis s'alignaient sur la position britannique quant à l'affaire Skripal, et a accusé Moscou de l'empoisonnement.

    «Aujourd'hui, Nikki Haley, telle une chimiste expérimentée, experte dans le domaine de la chimie, dénonçait des crimes de la Russie. Nous sommes conscients depuis longtemps que pour désigner des coupables, vous n'avez besoin d'aucune enquête», a-t-il lancé.

    Évoquant le message adressé par Theresa May au secrétaire général de l'Onu pour l'informer de l'incident survenu à Salisbury, l'ambassadeur russe a pointé du doigt la formule utilisée par Londres: ce dernier jugeait que Moscou était «très probablement» coupable de l'attaque.

    «Il n'est plus besoin de présenter au Conseil des échantillons d'une substance blanche inconnue, il suffit de rédiger un message avec des accusations flagrantes contre un pays souverain. Nous observons la même chose sur la Syrie, maintenant ils cherchent à inscrire la Russie sur la liste de ceux qui violent la Convention», a ajouté M. Nebenzia.

    Vassili Nebenzia a par ailleurs déclaré que des spécialistes avaient des motifs de croire que le Royaume-Uni possède lui-même la formule chimique du gaz neurotoxique Novitchok utilisé pour empoisonner Skripal.

    Le 4 mars, Sergueï Skripal et sa fille ont été retrouvés inconscients aux abords d'un centre commercial de Salisbury. M. Skripal avait reçu l'asile au Royaume-Uni en 2010 après un échange d'agents de renseignement entre la Russie et les États-Unis lorsque 10 agents russes, dont Anna Chapman, sont rentrés dans leur patrie.

    Le 11 mars, la Première ministre britannique Theresa May a accusé la Russie d'implication dans l'empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, sans toutefois présenter de preuves tangibles pour appuyer ses allégations. Qualifiant l'affaire de «provocation», la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova a de son côté estimé que les propos de la Première ministre britannique étaient un «cirque en plein parlement».

    Mercredi, Londres a expulsé 23 diplomates russes du pays et a suspendu tous les contacts bilatéraux de haut niveau avec la Russie.

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    Conseil de sécurité de l'Onu, ONU, Sergueï Skripal, Vassili Nebenzia, Nikki Haley, Royaume-Uni, États-Unis, Russie
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