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    Jinderes, une banlieue d’Afrine, après une frappe aérienne de l'armée turque

    «Il faut exclure la Turquie de l’Otan», selon un spécialiste se prononçant dans Le Figaro

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    La Turquie se livre à des massacres à l'encontre des Kurdes de Syrie et Erdogan ne semble pas avoir l'intention de se retirer du pays une fois son nettoyage anti-Kurde terminé, affirme dans FigaroVox Hadrien Desuin, spécialiste des questions internationales et de défense, qui estime que Bruxelles doit examiner l'exclusion de la Turquie de l'Otan.

    Hadrien Desuin, spécialiste des questions internationales et de défense, essayiste, constate que l'armée turque continue son offensive dans le canton kurde d'Afrine, en Syrie.

    Or, «il est évident que la chute d'Afrine aurait des conséquences humanitaires tragiques», indique-t-il.

    Au niveau stratégique, laisser l'armée turque contrôler la frontière avec la Syrie, «c'est donner à Ankara un ascendant au centre du Moyen-Orient». Dans ce cas-là, «l'armée turque prend le risque d'entretenir à l'infini cette guerre civile syrienne», poursuit Hadrien Desuin.

    Cela étant, «tout devrait être fait pour rétablir la souveraineté de la Syrie dans toute sa diversité. Qui peut croire en effet qu'Erdogan […] se retirera de lui-même et sans contreparties, une fois son nettoyage anti-Kurde terminé? Depuis 1974, au nord de Chypre, l'armée turque est toujours là, rendant impossible la réunification de l'île», rappelle-t-il.

    «L'autonomie Kurde n'est pas une option, c'est une nécessité politique», insiste Hadrien Desuin.

    Dans ce contexte, la complaisance de l'Occident et de la Russie envers Ankara doit cesser «avant qu'il ne soit trop tard». «L'exclusion de la Turquie de l'Otan est une mesure qui doit être envisagée de toute urgence à Bruxelles», affirme-t-il.

    «Parce que la Turquie serait une alliée indispensable de l'Otan dans le cadre d'une réactivation absurde de la guerre froide en Russie, nous serions incapables de faire pression sur elle?», se demande Hadrien Desuin.

    Le Président turc a critiqué l'inaction de ses alliés contre l'agression kurde. «Inaction coupable en effet. Mais inaction face aux djihadistes d'Erdogan qui menacent d'égorger les Kurdes», fait-il remarquer. Et voici que «les Kurdes, qui ont résisté héroïquement à Daech*, à Kobané et ailleurs, jusqu'à conquérir leur capitale de Raqqa, sont aujourd'hui abandonnés», constate Hadrien Desuin dans son article.

    La Turquie, deuxième armée de l'Otan en effectif, a signé l'année dernière avec la Russie un contrat qui prévoit la livraison de quatre batteries de S-400 pour un montant compris entre deux et deux milliards et demi d'euros, une acquisition qui déconcerte les partenaires occidentaux d'Ankara. Elle a même annoncé avoir versé un premier acompte portant sur la commande, provoquant la colère aussi bien de Washington que de Bruxelles, qui depuis ne cessent d'exiger des comptes sur les motivations de la Turquie, notamment sur son avenir au sein de l'alliance nord-atlantique.

    Le S-400 Triumph est le système de défense antiaérienne et antimissile russe le plus moderne. Il est également capable d'être utilisé contre des cibles terrestres. La portée des missiles qui équipent le S-400 dépasse les 400 kilomètres. Ce système qui n'a pas d'égal dans le monde suscite un vif intérêt des partenaires étrangers de la Russie. Le Service russe pour la coopération militaro-technique avait précédemment fait état d'une dizaine de commandes de cette arme.

    * Organisation interdite en Russie

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    Tags:
    souveraineté, autonomie, S-400, Daech, OTAN, Recep Tayyip Erdogan, Afrine (Syrie), Raqqa, Washington, Bruxelles, Chypre, Proche-Orient, Ankara, Turquie, Syrie, Russie
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