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    Affaire Skripal: Israël fait bande à part

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    Dans le cas de l’incident de Salisbury avec l’ex-agent double Sergueï Skripal, Israël préfère appliquer sa politique de non-participation aux campagnes antirusses de l’Occident pour ne pas exposer la coopération bilatérale en matière de sécurité nationale, selon l’ex-ambassadeur à Moscou Zvi Magen.

    L'État hébreu a pris ses distances vis-à-vis de l'action coordonnée d'une vingtaine de pays ayant décidé d'expulser des diplomates russes après l'empoisonnement de l'ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia.

    «J'estime qu'il n'y aura pas d'expulsions. Dans ce cas précis et pas seulement. En dépit de la pression qui est exercée sur Israël, nous ne jugeons pas nécessaire de nous joindre au groupe qui critique actuellement la Russie », a confié à Sputnik M. Magen.

    Israël a réagi à l'incident de Salisbury par une brève déclaration du ministère des Affaires étrangères. La diplomatie israélienne a condamné «l'incident au Royaume-Uni», a appelé la communauté internationale à coopérer pour en éviter la répétition, mais s'est abstenue d'accuser la Russie. Le porte-parole du ministère, Emmanuel Nachschon, a annoncé ne pas avoir d'informations sur les projets d'expulser d'Israël des diplomates russes.

    «Étant donné que la Russie est présente dans la région, nous entretenons des contacts et coopérons sur certaines questions. Dans ce contexte, il ne vaut pas la peine de changer de climat et de créer des tensions. Au contraire, nous devons poursuivre notre dialogue. À mon avis, c'est le principal facteur qui est à la base de notre approche», a signalé Zvi Magen.

    La situation en Syrie est le principal facteur du regain d'activité du dialogue russo-israélien et le sujet majeur de son ordre du jour. Israël cherche à garder sa liberté d'action en la matière et à empêcher que l'Iran n'augmente son influence, cherchant à obtenir la compréhension de Moscou.

    L'interlocuteur de Sputnik a consenti à accepter que la réaction d'Israël à l'incident de Salisbury s'inscrit dans l'attitude envers la Russie que l'État hébreu a adoptée il y a quatre ans lors des événements en Crimée et dans l'est de l'Ukraine. À l'époque, Israël ne s'est pas joint aux sanctions antirusses et ses dirigeants se sont abstenus de s'exprimer publiquement sur la crise ukrainienne qui a dégénéré en conflit armé avec les adversaires du régime et a détérioré les relations de Moscou avec Kiev et les pays occidentaux.

    « En principe, c'est une position assumée. Je tiens à souligner qu'elle est réciproque, quoi qu'il arrive. Il y a nombre de situations dans lesquelles la Russie prend des décisions pondérées, bien réfléchies, évitant des prises de position négatives à l'égard d'Israël », estime M.Magen.

    «Indépendamment du fait de savoir si l'on accepte ou rejette l'opinion occidentale, on est en présence d'un message adressé à l'Occident: Israël est un pays à part. C'est un État indépendant qui a sa position, ses intérêts et ses opinions, c'est pourquoi il ne faut pas attendre de sa part ce qu'on attend de tous les autres», a-t-il conclu.

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